Déserts : Touraine explique aux maires que le débat entre coercition et incitation est « tranché »

Publié le 22/11/2012
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Crédit photo : AFP

Invitée du congrès des maires, la ministre de la Santé, Marisol Touraine, a levé un coin du voile sur les mesures qu’elle compte proposer d’ici à « quelques semaines » pour lutter contre la désertification médicale et faciliter l’installation des jeunes praticiens libéraux.

La ministre s’apprête à lancer dans les prochains jours une « grande concertation avec les jeunes, les élus et les médecins » sur ce thème. Aux maires qui lui réclament volontiers des mesures autoritaires, elle a expliqué que« le débat entre coercition et incitation a été tranché par le président de la République ». Le gouvernement n’a nullement l’intention de remettre en cause la liberté d’installation.

Pour autant, précise Marisol Touraine, « tout n’est pas financier dans l’incitation ». La ministre cite pêle-mêle « la création d’un environnement favorable, les équipements sportifs ou culturels, les écoles et collèges », précisant également qu’« il faut que les conjoints puissent aussi travailler ».

Stages obligatoires de médecine générale

Sans rentrer dans le détail des mesures à venir, la ministre de la Santé a expliqué que certaines dispositions concerneraient les études médicales avec les stages obligatoires de médecine générale qui seront « très vite mis en place ». Aujourd’hui, un étudiant sur deux n’y a pas accès au cours du deuxième cycle.

« J’ai aussi rencontré les internes, a ajouté Marisol Touraine, ils veulent de la simplification administrative, un guichet unique, ce sont des demandes de bon sens qui restent sans réponse ».

La ministre de la Santé proposera également des mesures qui concerneront la sécurisation de l’installation et le resserrement des liens entre praticiens libéraux et hôpitaux de proximité.

Face au scepticisme de l’assistance, composée d’élus locaux majoritairement acquis à la coercition, la ministre a précisé que tout cela passerait par « une mobilisation de tous les services de l’État ». Marisol Touraine a prévenu qu’il faudrait que les ARS se retroussent davantage les manches : « elles n’ont pas assez pris en compte les besoins territoriaux des élus », a-t-elle glissé sous les applaudissements.

 HENRI DE SAINT ROMAN

Source : lequotidiendumedecin.fr