IL Y A TOUJOURS une part de chance et de légende dans la carrière d'un artiste, surtout pour les chanteuses. C'est le cas pour Shirley Horn (1). Il aura suffit d'un coup de téléphone du trompettiste Miles Davis à Max Gordon, le patron du célébrissime club de jazz The Village Vanguard, à New York, au début des années 1960, pour que la chanteuse-pianiste, et elle-même directrice d'un club à Washington, soit propulsée au sommet de l'affiche. Jusqu'au milieu de la décennie, où la jeune femme d'alors - elle est née en 1934 - décide d'arrêter la scène pour se consacrer à sa famille. Il faudra attendre le début des années 1980 pour que Shirley Horn amorce un retour triomphant et mérité dans le giron du jazz vocal. Plusieurs albums après et la reconnaissance de ses pairs, la grande dame - qui est aujourd'hui condamnée à se déplacer dans une chaise roulante à la suite de l'amputation du pied droit à cause d'un diabète - reste toujours un mythe, dont le chant transpire les racines du jazz et du blues. En attendant de retrouver son beau phrasé pianistique.
La blonde et charmante pianiste-chanteuse canadienne Diana Krall (2) - Mme Elvis Costello dans le civil - est vraisemblablement l'une des plus belles réussites du jazz chanté - et de la musique populaire américaine - de ces quinze dernières années. Chaleureusement parrainée à ses débuts par des pointures comme Ray Brown (contrebasse, « Mr. Ella Fitzgerald ») et Jimmy Rowles (piano, ex-accompagnateur de Billie Holiday et d'Ella Fitzgerald), la jeune femme sexy, âgée aujourd'hui de 44 ans, se lance sur les traces musicales et dans le répertoire d'un véritable crooner : Nat King Cole. S'ensuivra une série d'albums clés du genre, avant un détour vers une musique plus commerciale et pop. Le succès mondial de « The Look of Love » (2001, Verve/Universal) et surtout de son huitième disque, « The Girl in the Other Room » (2004, Verve/Universal), comprenant sept compositions de son mari et parolier, ainsi que des reprises, le tout accompagné par des sidemen comme Christian McBride (basse) ou Terri Lyne Carrington et Peter Erskine (batterie), ont remis la très « glamoureuse » Diana sur le chemin du jazz.
(1) Paris, Cité de la musique (01.44.84.44.84, www.cite-musique.fr), 16 septembre, 20 h.
(2) Paris, Olympia (01.55.27.10.00), du 17 au 21 septembre, 20 h 30, Lyon, 23 septembre, Montpellier, 24 septembre, Marseille, 25 septembre, Toulouse, 4 octobre, Nice, 5 octobre, Lille, 7octobre, Nancy, 30 octobre.
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