Des recommandations sur l’hormone de croissance synthétique

Publié le 25/01/2011
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Crédit photo : BSIP

LE 10 DÉCEMBRE, on s’en souvient, l’AFSSAPS communiquait les premiers résultats de l’étude SAGhE qui montrait une surmortalité notamment chez les sujets ayant reçu des doses d’hormone de croissance supérieures à celles de l’AMM.

La SFP et la SFEDP analysent ces résultats et émettent des recommandations.

Les résultats disponibles portent sur 7 000 adultes traités par hormone de croissance dans l’enfance en France entre 1985 et 1996 ; 93 décès ont été observés (nombre attendu théorique de 70 décès). Les causes externes (accidents et suicides) constituent la principale cause de décès comme attendu dans la tranche d’âge concernée. Il n’y a pas d’augmentation de la mortalité globale par cancer, tous cancers confondus. En revanche, la mortalité par hémorragies cérébro-méningées (4 observées pour 0,6 attendue) et par tumeurs osseuses (3 pour 0,6 attendue) est augmentée.

« L’interprétation des résultats est délicate et l’étude ne permet pas de déterminer si le traitement par hormone de croissance est impliqué dans la surmortalité observée. Le rôle d’autres facteurs dont la maladie ayant justifié le traitement peuvent être discutés », soulignent les deux sociétés savantes, qui considèrent « comme l’Agence européenne du médicament, qu’il n’y a pas lieu de suspendre les traitements en cours ou de renoncer aux traitements en cours d’initiation ».

La SFP et la SFEDP font les recommandations suivantes :

– respecter les indications et les règles de prescription des AMM de l’Agence européenne du médicament et notamment les doses recommandées,

– tenir compte des taux sanguins d’IGF1 pour adapter les doses d’hormone de croissance,

– expliquer aux enfants et aux parents en cours de traitement par hormone de croissance l’interprétation actuelle des résultats de l’étude SAGhE,

– réévaluer à chaque consultation la dose, l’efficacité et la tolérance des traitements par hormone de croissance,

– exercer une surveillance clinique (en particulier de la pression artérielle) régulière et prolongée des patients en cours de traitement ou antérieurement traités,

– conseiller aux adultes ayant reçu un traitement par hormone de croissance dans l’enfance de consulter leur médecin traitant pour un examen de santé comportant une prise de pression artérielle.

 Dr EMMANUEL DE VIEL

Source : lequotidiendumedecin.fr