C’est le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies Ban Ki-moon qui a inauguré, pour la première fois, l’exposition « Paludisme : du sang, de la sueur et des larmes » au siège des Nations unies à New York, au printemps 2010. Le succès fut immédiat : un tiré à part de photos et deux diaporamas dans le « New York Times », le prix spécial du jury de « Pictures of the year international », la couverture du magazine « Science » consacré au paludisme et par plus de 150 autres magazines.
Réalisée par l’organisation non gouvernementale Malaria Consortium et le photoreporter Adam Nadel, l’exposition permet d’aborder toute la problématique du paludisme : le visiteur prend, en premier lieu, connaissance de l’histoire de la maladie grâce à une chronologie scientifique et historique avant de découvrir les photographies d’Adam Nadel, très bien présentées dans la salle des Prévôts et des Tapisseries de l’Hôtel de Ville de Paris.
600 000 décès par an
« Avant ce projet, j’avais déjà souvent travaillé dans des pays où le paludisme est endémique, j’avais étudié les statistiques – j’ai même eu le paludisme. Mais une fois sur le terrain, il a été impossible d’ignorer à quel point le paludisme est dévastateur, alors que les solutions sont si simples ! Cela défie l’entendement. Alors j’ai commencé petit à petit, avec des portraits de personnes et le récit de leurs histoires. Ces histoires, qui tissent un récit plus large, plus global autour du paludisme, parlent de pertes terrifiantes mais également d’espoir et de la détermination de l’esprit humain », souligne le photographe qui a voyagé dans les pays où le paludisme est endémique comme le Nigeria, l’Ouganda ou le Cambodge. Chacune des photographies est accompagnée d’un texte informatif ou d’un témoignage. À travers ses images, le journaliste aborde plusieurs problématiques : l’impact de la maladie sur les familles, les moyens de lutte (moustiquaire, insecticides, médicaments), le problème de la contrefaçon des médicaments, l’alimentation, l’accès aux soins, la recherche. Au milieu de la salle, sont présentées des reproductions géantes de photos prises au microscope électronique de l’anophèle, vecteur de la maladie.
« Cette exposition a pour objectif de rappeler que le paludisme continue de décimer plus de 600 000 personnes chaque année. Si la lutte contre la maladie rencontre des succès sans précédent ces dernières années, nous devons poursuivre et amplifier la mobilisation auprès du public, partout dans le monde », explique Thomas Teuscher, directeur exécutif du partenariat Roll Back Malaria et co-organisateur de l’événement avec la Ville de Paris, avec le soutien de Sanofi. Simultanément à cette exposition, une conférence est organisée par les Amis du Fonds mondial Europe, le 21 mai, à l’Hôtel de Ville de Paris, de 14 h 30 à 17 h 30, sur le thème « Maintenir les acquis de la lutte contre le paludisme ».
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