Des mesures pour limiter les traces de médicaments dans l’eau

Publié le 31/05/2011
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Crédit photo : DR

Un quart des échantillons d’eau testés, dans le cadre d’une étude de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (ANSES) publiée en janvier 2011, contiennent des traces de médicaments, en majorité de la caféine, des antiépileptiques, et des anxiolytiques. À ces résidus issus des urines humaines et des déjections animales, présents dans les milieux aquatiques (rivières ou nappes souterraines), viennent s’ajouter les médicaments directement jetés à l’évier ou à la poubelle. Sur près de 30 000 tonnes de médicaments non utilisés par an, seulement 13 000 tonnes sont en effet récupérées dans les pharmacies. Un mauvais score pour les Français, pourtant 4es consommateurs mondiaux de gélules, et 1ers au niveau européen.

Quel est le risque de ces résidus pour la santé de l’homme et pour l’environnement ? « Bien que les quantités mesurées dans les milieux aquatiques soient infimes, de l’ordre du nanogramme par litre, les conséquences environnementales et sanitaires sont encore mal connues. Certains effets de résistance bactérienne dans l’environnement sont par exemple mis en évidence », affirme le communiqué des ministères de l’Écologie et de la Santé, à l’origine du plan. Outre la présence de traces dans l’eau potable, révélées par des campagnes de mesures de contamination, les scientifiques ont constaté la « féminisation » des poissons, potentiellement due à l’action des hormones de synthèse, ou des diminutions significatives de population de la faune aquatique.

Les rejets des hôpitaux sous surveillance.

« Il est important d’agir dès maintenant. La réussite de ce plan d’action repose sur la prévention, en limitant les rejets médicamenteux, et sur la recherche, pour améliorer les connaissances afin de mieux cerner les impacts sanitaires et environnementaux », a déclaré Nathalie Kosciusko-Morizet.

Le Plan national sur les résidus de médicaments s’articule ainsi autour de trois axes. À commencer par l’évaluation des risques : des campagnes de mesures vont être lancées, les rejets des hôpitaux, des stations d’épuration et des élevages seront surveillés et 2 laboratoires français (Aquaref et le laboratoire d’hydrologie de Nancy) sont chargés de développer des méthodes d’analyse des particules. Au chapitre de la gestion des risques, des actions sont mises en place pour réduire les particules à la source, comme la sensibilisation des citoyens à l’utilisation des médicaments, la promotion de filières de récupération et d’élimination des substances non utilisées et l’information des professionnels concernés. Enfin, un appel à projet sera lancé en 2012 sur quelques bassins versants pilotes pour expérimenter les actions « grandeur nature » du plan.

> COLINE GARRÉ

Source : lequotidiendumedecin.fr