Des médecins du travail demandent un moratoire sur la réforme

Publié le 16/05/2012

Le groupement national « Sauvons la médecine du travail » (SLMT) est vent debout contre la réforme de leur spécialité, qui, votée le 20 Juillet 2011, doit entrer en application le 1er juillet prochain. À la faveur du changement de président de la République, il revendique un moratoire de 12 mois pour ce qu’il nomme « les dispositions légales et réglementaires préparées par le MEDEF ».

Porté par l’idée que cette réforme anéantit la médecine préventive, fondée en 1946, SMLT précise ses critiques dans un communiqué, à commencer par le rôle confié aux employeurs qui président le conseil d’administration des services de santé au travail sans alternance avec les représentants des salariés. La réforme « élargit le pouvoir des employeurs en matière de contrôle des conditions de travail et de leur acceptabilité physique et psychologique », dénonce SLMT. Et de contester le pouvoir qu’auront les employeurs de déterminer les orientations et financements des services interentreprises.

Le collectif reproche aussi à la loi de ne pas endiguer la crise démographique des médecins du travail et d’avoir recours, pour remplacer les départs à la retraite, à des médecins non spécialistes ou à des infirmiers.

Il dénonce la fin des consultations médicales obligatoires tous les 2 ans, remplacés par des entretiens infirmiers, « dépourvus de toute garantie contre les pressions patronales ».

« Il n’est pas concevable que ces textes soient appliqués deux mois après l’élection d’un Président de la République qui prône "le changement maintenant" », conclut SLMT.

 C.G.

Source : lequotidiendumedecin.fr