PLUSIEURS présentations ont confirmé les bienfaits du chocolat noir et de l'aspirine sur le système cardio-vasculaire.
Le chocolat tire ses vertus des flavonoïdes, antioxydants dont on connaît l'effet vasodilatateur.
Des chercheurs de l'université de Yale (Connecticut) ont fait participer 39 adultes en bonne santé à une petite étude qui a duré six semaines. Trois groupes ont été formés : le premier a consommé quotidiennement 227 g de chocolat noir non sucré, le deuxième du chocolat noir sucré et le troisième un placebo. Les résultats ont été jugés sur des mesures par ultrasons à haute fréquence de la capacité de l'artère brachiale à se dilater. Une amélioration est observée dans les deux premiers groupes, avec une augmentation de 2,4 % de la vasodilatation dans le premier groupe et de 1,5 % dans le deuxième, sans modification dans le troisième.
Selon une étude du Dr Diane Bocker (Baltimore), parue en novembre dernier, quelques carrés de chocolat noir chaque jour ont le même effet que l'aspirine pour réduire le risque de thrombose.
Quant à l'aspirine, une grande étude dévoilée à l'ACC montre que les femmes qui prennent régulièrement ce produit ont une réduction du risque de mort subite de près de 40 % comparativement à celles qui n'en prennent jamais. Un essai canadien montre, pour sa part, qu'une dose de moins de 100 mg est suffisante pour obtenir l'effet antithrombotique sans élever le risque d'hémorragie.
Une nouvelle étude sur le régime méditerranéen (riche en acides gras polyinsaturés) montre que, en prévention secondaire, il est aussi efficace que la diète (faible en graisses) recommandée par l'American Heart Association pour prévenir les événements pathologiques (Dr Katherine Tuttle et coll.).
L'étude THIS-Diet, comparative, a porté sur 101 personnes ayant souffert d'un infarctus dans les six semaines auparavant, qui ont été mises au régime pendant deux ans, avec des cours de formation en nutrition. On a enseigné aux participants comment faire pour absorber moins de 30 % de l'apport calorique provenant des lipides pour le régime de l'AHA et moins de 40 % pour le régime méditerranéen. Tous les participants ne devaient pas absorber plus de 7 % de calories provenant des graisses saturées ni plus de 200 mg quotidiens de cholestérol.
Après une période de quatre ans, il n'y avait pas de différences entre les deux groupes sur le plan de la mortalité, de l'infarctus, de l'angine de poitrine, de l'AVC et des hospitalisations. Le risque de ces complications est réduit de 66 % dans ces deux groupes comparativement à un troisième qui n'avait pas eu de consigne de régime.
Fast Track.
La Mayo Clinic a présenté le protocole Fast Track de gestion du malade, destiné à épargner des vies et du myocarde lors de la survenue d'un infarctus du myocarde, avec surélévation de ST. Ce protocole permet de réduire le temps qui s'écoule jusqu'à la réalisation de la dilatation coronaire par ballonnet. Ce protocole doit comporter : une activation directe sans intermédiaires de la salle de cathétérisation en utilisant un téléphone dédié, un ECG dans les 5 minutes après l'arrivée à l'hôpital, une communication directe pour tous les responsables des équipes de soins, un transport rapide par ambulance aérienne (hélicoptère), une disponibilité 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24 des moyens de soins. Une étude chez 597 patients a montré un gain de temps de près de 30 minutes, permettant d'intervenir avant les 90 minutes qui représentent le délai de sécurité pour sauver le myocarde.
Cellules souches.
Deux études de thérapies à l'aide de cellules souches montrent des résultats prometteurs dans les suites de l'infarctus. Joshua Hare (Miami) a souligné que ces cellules peuvent être prélevées chez des donneurs génétiquement différents et qu'elles tendent à se regrouper vers les endroits du corps où il existe une lésion. Chez 53 malades traités par une injection de cellules souches de la moelle osseuse dans les dix jours qui suivent un infarctus, il constate une très nette amélioration des fonctions cardiaques et pulmonaires six mois après le début du traitement comparativement à un groupe témoin.
Ce sont des cellules souches musculaires (myoblastes) qui ont fait l'objet de la deuxième étude. Implantées au niveau du myocarde lésé, elles ont apporté une amélioration des fonctions cardiaques et de la qualité de vie, six mois après (Dr Nabib Dib).
> Dr BÉATRICE VUAILLE
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