DES INTERROGATIONS existaient quant à la valeur prédictive des délires et hallucinations rencontrés au cours de la maladie d'Alzheimer. Ces symptômes présagent-ils d'un risque plus élevé de déclin cognitif ou fonctionnel, d'une institutionnalisation, voire d'un décès ?
Si l'on s'en réfère à un travail international publié par « Archives of Neurology », la réponse est affirmative.
Dans cinq centres universitaires américains et européens (pour la France, B. Dubois et M. Sarazin, hôpital de la Pitié-Salpêtrière, Paris) ont été recrutés 456 patients dont le score au MMS (Mini Mental State) était compris entre 21 et 30 à l'enrôlement. Ils ont été suivis tous les six mois pendant quatorze ans. La présence de délires et d'hallucinations a été examinée. Leur implication sur les états cognitifs et fonctionnels, le taux d'institutionnalisation et de décès a été chiffrée. Les auteurs ont tenu compte d'autres éléments tels que l'effet de cohorte, le centre de recrutement, le sexe, l'âge, le niveau d'éducation, les comorbidités, un traitement éventuel...
Au cours de la période de suivi, 38 % de patients ont atteint le niveau de déclin cognitif fixé comme significatif (MMS ≤ 20/57), 41 % celui de déclin fonctionnel, 54 % sont entrés en institution et 49 % sont décédés.
Risque majoré de déclins cognitif et fonctionnel.
La présence d'un délire a été relevée chez 34 % des patients à l'inclusion et chez 70 % d'entre eux au cours des contrôles semestriels. Il est associé à un risque relatif majoré des déclins cognitif (RR : 1,5) et fonctionnel (RR : 1,41). Les hallucinations, notées chez 7 % des patients à l'enrôlement et dans 33 % des cas par la suite, augmentent le risque relatif de déclin cognitif (RR : 1,62) et fonctionnel (RR : 2,25). Enfin, seules les hallucinations contribuent à majorer le risque relatif d'institutionnalisation (RR : 1,6) et de décès (RR : 1,49).
« Arch Neurol », 2005 ; 62 : 1601-1608.
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