Déclaration d’intérêts : les médecins députés « blancs comme neige »

Publié le 24/07/2014
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Crédit photo : S. Toubon

Depuis ce 24 juillet, la quasi totalité des députés et sénateurs ont rendu publique leur déclaration d’intérêts et d’activités sur le site de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP). Cette mesure était voulue par le gouvernement après le scandale de fraude fiscale dans l’affaire de l’ex-ministre du Budget, Jérôme Cahuzac.

Les élus mentionnent dans ces déclarations leurs activités de consultant, les participations aux organes dirigeants d’organismes publics ou privée, en indiquant à chaque fois leurs rémunérations ou gratifications perçues. Figurent également les participations financières dans le capital d’une société, les fonctions bénévoles susceptibles de faire naître un conflit d’intérêt…

À ce stade, la HATVP n’a pas relevé d’infraction. La petite trentaine de médecins siégeant à l’Assemblée s’est prêtée à cet exercice. Épluchées par « le Quotidien », les déclarations n’ont pas révélé de conflit d’intérêt majeur.

Gribouillages, ratures...

Le Dr Gérard Bapt, député de Haute-Garonne, mentionne la « participation à des colloques et débats sponsorisés » mais ne donnant lieu à aucune rémunération. Philippe Nauche, député de Corrèze, médecin hospitalier, déclare au chapitre « fonction bénévole » sa participation au conseil d’administration du « Grand forum Blédina ».

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Extrait de la déclaration de Gérard Bapt.

Pour le reste peu de choses à souligner. On notera qu’en moyenne les revenus des médecins élus sont bien loin de ceux des dix députés les mieux rémunérés dont les rentrées financières s’échelonnent entre près de 200 000 et plus de 600 000 euros par an.

Parmi les mieux lotis, le Pr Bernard Debré, député et conseiller de Paris, cumule une rémunération de PUPH de 8 902 euros par mois et des revenus de plus de 300 000 euros pour son activité privée au cours des cinq dernières années, jusqu'à fin août 2012 (sans compter les indemnités de député et de conseiller de Paris).

On pourra également s’amuser (ou s’indigner) de la désinvolture avec laquelle certaines déclarations ont été remplies et remises à la HATVP : manuscrites, raturées, gribouillées, certaines sont à peine lisibles.

Il faut dire que certains députés avaient déclaré leur hostilité à cette opération de transparence. Parmi eux, Jacques Myard est allé jusqu’à écrire en bas de sa déclaration la mention « À bas l’inquisition ! »

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S. L.

Source : lequotidiendumedecin.fr