De petites molécules contre les streptocoques A sont identifiées

Publié le 23/02/2012
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Crédit photo : BSIP

Le mode d’action des antibiotiques conventionnels – tuer les bactéries ou inhiber leur croissance – est à même d’induire une forte sélection et le développement d’une antibiorésistance. On s’intéresse aux approches alternatives, ciblant la pathogénie microbienne sans inhiber la croissance des micro-organismes, qui devraient réduire la sélection des micro-organismes résistants.

Ainsi, pour combattre les infections par les streptocoques du groupe A (SGA), on recherche des composés inhibant l’expression du gène de la streptokinase, un facteur de virulence de ces pathogènes. En passant au crible 55 000 petites molécules, des chercheurs américains (Universités du Missouri et du Michigan) ont identifié des composés capables de cette inhibition. Ils démontrent que le composé principal (nommé CCG-2979), ainsi qu’un analogue (CCG-102487), inhibent la production de protéine streptokinase active. Les analyses par puces à ADN montrent une régulation négative de gènes codant plusieurs facteurs de virulence supplémentaires, « suggérant une interruption d’un gène plus général de virulence, démantelant un réseau de gènes intervenant dans la virulence. » Il n’y a pas d’inhibition de la croissance bactérienne. Mais les essais in vitro avec les deux composés montrent une augmentation de la phagocytose des SGA par les granulocytes. Enfin, ce qui est le plus intéressant, les études in vivo chez la souris avec ces deux composés montrent qu’ils ont le pouvoir de réduire significativement la gravité des infections par les SGA : la mortalité des souris d’un modèle murin sensible à l’infection par les SGA est significativement réduite.

« Ces données suggèrent que la classe des composés représentés par CCG-2979 pourrait avoir un potentiel thérapeutique pour le traitement des SGA et éventuellement d’autres bactéries Gram positives en clinique humaine », estiment les auteurs.

« Proc Natl Acad Sci USA », 21 février 2012 ; doi : 10.1073/pnas.1201031109.

 Dr BÉATRICE VUAILLE

Source : lequotidiendumedecin.fr