Dans le cancer du sein, changer l’ordre des médicaments améliore l’évolution

Publié le 08/12/2011
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Crédit photo : © AFP

Dans le cancer du sein métastatique, l’essai présenté montre que les femmes qui ont pris l’anastrozole et le fulvestrant simultanément ont connu une prolongation de leur durée de vie de 6 mois comparativement à celles qui les ont pris successivement selon les standards actuels.

L’étude SWOG S0226 a été menée chez 707 femmes ménopausées ayant des tumeurs positives pour les récepteurs aux estrogènes. D’une manière classique, l’anastrazole est donné en première intention, puis il est remplacé par le fulvestrant lors de la progression de la maladie. La médiane de survie dans ce deuxième cas est de 41,3 mois. Cette médiane passe à 47,7 mois lorsque les deux médicaments sont donnés simultanément et la progression de la maladie est survenue moins rapidement : 15 mois contre 13,5 mois avec le régime standard. Cette combinaison apporte par ailleurs un bienfait plus important chez les femmes qui n’avaient pas pris de tamoxifène auparavant, avec des médianes de survie respectivement de 47,7 et 39,7 mois. Des résultats qui « vont probablement changer les standards de prise en charge du traitement de ces patientes », ont déclaré Rita Metha, Kathy Albain et coll. (université de Californie). Selon les auteurs, les deux produits au mode d’action différent agissent en synergie. L’anastrazole (Arimidex), inhibiteur de l’aromatase, diminue la synthèse des estrogènes ; et le fulvestrant (Faslodex) se lie aux récepteurs de l’estrogène sur les cellules cancéreuses pour bloquer son effet.

Une autre communication a porté sur les femmes ménopausées ayant un cancer hormonosensible. L’ajout de l’acide zolédronique au traitement hormonal adjuvant apporte une augmentation de la densité minérale osseuse (DMO) associée à une réduction des récidives.

L’étude ZO-FAST a exploré l’effet de lacide zolédronique (un bisphophonate intraveineux) ajouté au letrozole (inhibiteur de l’aromatase) chez 1 065 patientes. Pour la moitié de l’effectif, l’acide zolédronique a été donné seulement si les femmes présentaient une fracture ou en cas de chute importante de la DMO. Après 5 ans de suivi, ce bisphosphonate donné immédiatement est associé à une réduction de la perte de DMO rachidienne et de la hanche. Et, à ce terme, le produit a aussi apporté une réduction de 34 % de la récidive. Une analyse par sous-groupe montre que, chez les femmes complètement ménopausées au moment du diagnostic, la mise directe sous acide zolédronique réduit le risque de récidive de 29 % et améliore la survie totale de 35 %.

Les bénéfices ne sont pas enregistrés dans le groupe où l’acide zolédronique a été donné plus tard.

2011 CTR-AACR, San Antonio Breast Cancer Symposium.

Dr BÉATRICE VUAILLE

Source : lequotidiendumedecin.fr