Contre les déserts médicaux : les étudiants regardent à l’étranger ce qui marche... ou pas

Publié le 19/12/2012
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Crédit photo : S TOUBON

Lors de la présentation de son pacte « territoire-santé » , jeudi 13 décembre, Marisol Touraine a annoncé l’ouverture d’une concertation nationale qui réunira des élus, des associations de patients et des représentants de médecins, d’étudiants et d’internes pour définir les modalités d’application de ce plan de démographie médicale.

Il y a quelques jours, les internes (ISNIH) avaient passé à la loupe les recettes de 11 pays pour lutter contre la désertification médicale. C’est désormais au tour des étudiants de regarder ce qui se passe à l’étranger pour réglementer l’installation des médecins.

Collaboration interpro, télémédecine, de nouvelles pistes

L’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) a réalisé un état des lieux des mesures incitatives et cœrcitives (document PDF) mises en place dans 46 pays à l’aide de témoignages d’étudiants et de rapports officiels.

Les mesures incitatives sont les plus importantes. Elles sont diverses, depuis la campagne de communication pour les régions sous dotées (Pays-Bas), à la prime aux médecins qui s’installent en quartier défavorisé (Belgique, Zambie, Israël, Turquie, Québec).

Certaines mesures, envisagées en France, ont été instaurées hors de nos frontières, comme un stage d’externat obligatoire chez un généraliste en zone sous-dotée en Allemagne, ou la majoration du salaire des professionnels de santé exerçant en zone sous-médicalisée (Egypte, Soudan, Iran, Népal, Québec). Il n’est en revanche nulle part question d’un salaire minimum garanti comme celui de 4 600 euros par mois proposé par Marisol Touraine aux 200 praticiens territoriaux de médecine générale.

« Quelle que soit l’étude, les restrictions à l’installation n’ont pas fait la preuve de leur efficacité », constate l’ANEMF. Les étudiants relèvent que la collaboration interprofessionnelle, le transfert de compétences (Irlande, Etats-Unis) et la télémédecine (Royaume-Uni, Pays-Bas, Allemagne...) sont susceptibles d’améliorer la situation. « Ces pistes de réflexion doivent être développées », conclut l’ANEMF qui avait publié au mois de novembre dix propositions pour lutter contre les déserts médicaux.

 CH.G.

Source : lequotidiendumedecin.fr