Contre les déserts, les étudiants misent sur la télémédecine

Publié le 03/04/2013
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Crédit photo : PHANIE

L’Association nationale des étudiants en médecine de France (ANEMF) appelle les pouvoirs publics à passer à la vitesse supérieure dans le déploiement de la télémédecine pour lutter contre la désertification médicale.

Dans un projet présenté ce mercredi, les étudiants formulent plusieurs propositions pour aménager le territoire et généraliser les projets de télémédecine. La télémédecine figure depuis plusieurs mois parmi les pistes de l’ANEMF pour combattre les déserts.

Fin 2012, seuls 500 médecins pratiquaient des téléconsultations ou téléexpertises en France. « Plusieurs éléments freinent l’essor de la télémédecine dans notre pays : d’une part, la réticence des professionnels de santé, [...] et, d’autre part, le pilotage toujours insuffisant », constate l’ANEMF.

Le contexte est pourtant favorable, estime l’association. Lors de la présentation du pacte de confiance à l’hôpital, la ministre de la Santé a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 80 millions d’euros pour développer des territoires de soins numériques dans le cadre des investissements d’avenir.

Selon l’ANEMF, la télémédecine, encadrée par un décret du 19 octobre 2010, peut être une parade pour désenclaver les territoires isolés. « De réelles opportunités existent en particulier dans une période de vieillissement de la population », affirme l’ANEMF.

Éviter des hospitalisations

L’association plaide pour la création d’un pôle intercommunal de santé (PICS). Trois types d’infrastructures équipées pour la télémédecine permettraient d’assurer la prise en charge des patients dans un bassin de population rural : les maisons de santé pluridisciplinaires, centres névralgiques du PICS, des centres de permanence périphériques qui accueilleraient des professionnels en rotation et des véhicules de santé mobiles équipés de matériel médical qui se rendraient dans les zones sous denses.

« Ce système permettrait la présence physique ou virtuelle sur tout le territoire de professionnels de toutes les spécialités », affirme l’ANEMF. Chaque praticien du PICS disposerait du dossier informatisé partagé des patients. La télémédecine permettrait d’éviter des hospitalisations et de réaliser de substantielles économies.

L’épine de la cotation des actes

Un obstacle majeur devra toutefois être levé qui porte sur la rémunération des professionnels. « Il est nécessaire que l’assurance-maladie statue rapidement sur la cotation des actes de télémédecine pour que le système puisse être mis en marche », explique l’ANEMF. Les étudiants réclament la création d’une instance nationale de pilotage et un plan quinquennal de développement de la télémédecine.

 CHRISTOPHE GATTUSO

Source : lequotidiendumedecin.fr