Contestation, grève : les syndicats de médecins libéraux face au casse-tête du « front uni »

Publié le 22/10/2014
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Crédit photo : S Toubon

Si tous les syndicats de médecins libéraux ont affiché leur vive hostilité au projet de loi de santé de Marisol Touraine, et appelé peu ou prou à la mobilisation, cette volonté commune de résistance ne se traduit pas encore par une unité d’action, même si plusieurs organisations le souhaitent désormais ouvertement.

MG France a dégainé le premier en appelant à une fermeture nationale des cabinets le 6 janvier, date du quatrième anniversaire du « C » à 23 euros. L’UNOF a choisi un mot d’ordre de cessation d’activité du 24 au 31 décembre, pendant les vacances, un mouvement désormais soutenu par la Fédération des médecins de France (FMF) qui appelle de ses vœux un « front uni ».

L’idée d’une coalition des forces syndicales a été reprise par MG France qui a suggéré « de discuter d’une unité d’action et de date, afin de peser plus efficacement sur le gouvernement ».

Ce mercredi, le Syndicat des médecins libéraux (SML) a jugé que les syndicats devaient d’abord s’entendre sur « les objectifs » avant d’envisager des « mots d’ordre communs de contestation ». Pour avancer, le SML suggère que « l’opposition totale et non négociable à la généralisation du tiers payant soit le premier acte de cette unité dès maintenant ». Et il rappelle sa proposition aux autres syndicats de dénoncer ensemble la convention médicale actuelle pour contraindre la CNAM à ouvrir de nouvelles négociations.

Un dîner, des clivages

Les choses bougent. Selon nos informations, le Dr Jean-Paul Hamon, patron de la FMF, dîne ce mercredi soir en compagnie du président de MG France et d’un responsable du BLOC pour examiner les conditions d’un mouvement commun de fermeture des cabinets entre Noël et le jour de l’an. « L’important est de montrer une opposition unie face au projet de loi de santé, fait valoir le Dr Hamon. Dans deux mois, personne ne se rappellera qui a appelé le premier à la fermeture, ni à quelle date ».

Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Le président de MG France, Claude Leicher, pose plusieurs conditions à la constitution d’un front syndical : l’abrogation de l’avenant 19 « qui empêche les généralistes de coter le C à 25 euros » ; la mise en place du tiers payant « non obligatoire »; enfin la possibilité pour les médecins traitants de facturer toutes les visites à 56 euros. La contestation se déplace largement sur le terrain tarifaire. « Si nous sommes tous d’accord sur cette plate-forme, prévient-il, on pourra alors discuter des dates d’appel à la fermeture », précise-t-il.

Le président de l’UNOF, Luc Duquesnel, prévient. « Nous ne changerons pas la date de notre appel à la fermeture,elle n’a pas été choisie par hasard ». Au-delà du calendrier, l’UNOF souligne qu’il y a « de grands clivages avec MG France », notamment sur le tiers payant ou les modes de rémunération. L’UNOF « n’est pas opposée à un front uni mais pas un front de façade. »

H.S.R.

Source : lequotidiendumedecin.fr