Consultations : face au casse-tête des délais d’attente qui s’allongent, les Français renoncent

Publié le 18/11/2014
salle d'attente

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Crédit photo : S. Toubon

Les Français ont le sentiment que le système de santé se dégrade, notamment à cause des délais d’attente qui s’étirent pour les consultations, révèle l’observatoire Jalma*/Ifop 2014 sur l’accès aux soins. Quelque 65 % des personnes interrogées estiment que le système de soins se détériore au cours des dernières années (22 % ne voient aucun changement).

L’hôpital public surtout et, dans une moindre mesure, la médecine libérale, sont sous le feu des critiques : 60 % des Français estiment que la situation de l’hôpital public s’est dégradée (score qui tombe à 52 % pour les soins de ville et 25 % pour les cliniques privées).

L’attente plus problématique que le coût

Surprise, les délais d’attente excessifs sont perçus comme le principal facteur de dégradation à l’hôpital.

Ils sont cités en premier par 40 % des sondés, devant la disponibilité des personnels de santé (20 %), le reste à charge (16 %), la qualité des soins (10 %) ou de l’accueil (6 %).

Les délais d’attente arrivent également en tête des facteurs de renoncement à des soins chez le spécialiste. Ils sont cités par 64 % des personnes interrogées, devant le coût de la consultation (46 %), l’éloignement géographique (32 % s’en plaignent). Au total, 70 % des sondés déclarent avoir déjà renoncé à des soins chez un spécialiste (quel que soit le motif).

51 jours pour un rendez-vous chez le spécialiste libéral

Les délais d’attente moyens pour obtenir un rendez-vous chez un spécialiste en ville augmentent « inexorablement » depuis trois ans, souligne l’étude. Ils sont aujourd’hui de 51 jours, contre 44 en 2011.

Presque toutes les spécialités sont concernées par cet allongement des délais (schéma ci-dessous), y compris la médecine générale (6 jours d’attente en novembre 2014 contre 4 les années précédentes).

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En ville toujours, l’attente grimpe ainsi à 36 jours chez l’ORL (29 en 2011), 37 jours chez le rhumatologue (28 en 2011), 42 chez le cardiologue, 50 chez le dermatologue, 57 chez le gynécologue et surtout 111 jours chez l’ophtalmologue (contre 103 deux ans plus tôt). À l’hôpital, les durées « suivent la même pente » et s’allongent également, passant de 40 jours en 2012 à 49 en 2014 (schéma ci-dessous).

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*Cabinet conseil spécialisé dans l’économie de la santé.

Coline Garré

Source : lequotidiendumedecin.fr