Congrès de l'ASH : un traitement plus court pour le lymphome diffus à grandes cellules B

Par
Damien Coulomb -
Publié le 03/12/2018

La prise en charge des lymphomes diffus à grandes cellules B, qui forment la majorité des lymphomes hodgkiniens les plus agressifs, repose sur une immunochimiothérapie associant 6 à 8 cycles d’une polychimiothérapie (habituellement de type CHOP) au rituximab. Selon les derniers résultats d'un essai allemand présentés lors du congrès de la Société américaine d'hématologie (AHS), à San Diego, la durée du traitement peut être ramenée à 4 cycles chez les patients de meilleur pronostic, sans perte d'efficacité.

Les auteurs de l'étude ont défini les patients à faible risque comme suit : un Index pronostic International des lymphomes B ajusté pour l'âge (aaIPI) égal à 0, pas de tumeur de plus de 7,5 cm et un bon pronostic de survie sans progression à 3 ans, de survie sans événement indésirable majeur et de survie globale. « Beaucoup de jeunes patients répondent à ces critères », explique le premier auteur de l'étude, le Dr Viola Poeschel de l'école universitaire médicale de Saarland, à Hombourg, en Allemagne. De fait, l'âge médian des patients inclus dans son étude est de 48 ans.

Pas de différence de survie

588 patients ont été recrutés sur la base de ces critères et ont été aléatoirement répartis entre un groupe bénéficiant de 6 cycles d'immunochimiothérapie et un groupe bénéficiant de 4 cycles seulement. Une radiothérapie était ajoutée en cas de lymphome testiculaire.

Au bout d'un suivi médian de 66 mois, la survie sans progression (96 % dans le groupe 4 cycles contre 94 % dans le groupe 6 cycles), la survie sans événement indésirable majeur (89 % dans les 2 groupes), et la survie globale (99 % contre 98 %) n'étaient pas significativement différents dans les 2 groupes. Il n'y avait pas non plus de différence en ce qui concerne le taux de rechute : 4 % contre 5 %.

« Pour ce sous-groupe de patient, il semble que nous pouvons réduire la durée et le poids du traitement sans perdre en efficacité, commente au nom de l'AHS le Dr David Steensma, du centre de cancérologie Dana-Farber, nous ne pouvons pas encore généraliser ces observations à d'autres lymphomes hodgkiniens. Il serait intéressant de pouvoir le faire. »

De notre envoyé spécial à San Diego, Damien Coulomb

Source : lequotidiendumedecin.fr