TOUS LES ETUDIANTS de troisième cycle de médecine choisiront leur stage d'internat dans un peu moins d'un mois. Une circulaire des ministères de la Santé et de l'Education nationale, dont la parution au « Bulletin officiel » est imminente, devrait éclaircir les internes sur cette procédure de choix des plus compliquées. Elle est d'autant plus obscure cette année qu'aux internes et aux résidents ayant déjà commencé leur troisième cycle s'ajoutent les candidats issus du dernier concours de l'internat et des toutes nouvelles épreuves classantes nationales (Ecn).
Pour simplifier la donne, le texte prévoit que, dans chaque ville, une seule liste de stages sera proposée à tous les internes de la même spécialité. Le choix sera alterné entre les candidats issus des deux concours, au prorata de leur nombre. Prenons l'exemple d'une ville où trente étudiants - dont cinq ont passé le concours de l'internat - postulent à un stage dans la même spécialité. Le rapport entre les deux concours est de 1 sur 5. Le premier étudiant classé au concours de l'internat choisira un stage avant les cinq meilleurs classés aux ECN. Puis ce sera au tour du candidat classé deuxième à l'internat et ainsi de suite. Au semestre suivant, l'ordre de passage est inversé. Ce principe de l'alternance a été accepté par les syndicats d'étudiants qui ont participé à la rédaction du décret. « Ce n'est pas la meilleure solution, mais c'est la "moins pire" », estime Raphaël Gaillard, qui regrette que cette procédure ait été organisée au tout dernier moment.
Le vice-président de l'Intersyndicat national des internes des hôpitaux (Isnih) note cependant que la circulaire apporte une précision quant à l'inscription définitive d'un interne en diplôme d'études spécialisées (DES). Elle confirme que les internes doivent choisir définitivement leur DES à l'issue de leur quatrième semestre de stage, pas avant. Cette condition n'est actuellement pas respectée dans toutes les régions de France. Selon l'Association nationale des étudiants en médecine de France (Anemf), « certaines directions régionales des affaires sanitaires et sociales, comme la Drass d'Aquitaine, appliquent le principe de flux, un système de régulation démographique qui impose aux étudiants au début de leur troisième cycle de choisir leur DES, ce qui est tout à fait illégal ».
Plus de stages que de candidats.
Pascale Marco, présidente de l'Intersyndicale nationale autonome représentative des internes en médecine générale (Isnar-Img), retient que le nombre de terrains de stage proposé aux internes sera augmenté à l'avenir pour éviter que « le dernier ne soit contraint de prendre le seul poste restant ». Si elle a approuvé les termes du présent document, elle rappelle qu'elle attend une modification de l'article 10 du décret du 16 janvier 2004, qui stipule que le rang de classement obtenu par le candidat à l'issue des épreuves est pris en compte lors de la procédure du choix des stages.
« Dans une dizaine de villes, les internes souhaitent continuer de choisir leur stage autrement qu'au mérite. Un système de choix des terrains de stage basé sur des algorithmes permet à tous les futurs médecins généralistes de Grenoble, Nancy, Tours ou Caen, par exemple, de bénéficier de stages formateurs. Pourquoi ne pas préserver ces systèmes qui donnent satisfaction ? », demande Pascale Marco.
Un bilan de choix alterné des stages doit avoir lieu dans les semaines qui suivront l'entrée des étudiants dans leur service au 1er novembre, pour apporter si nécessaire des modifications à l'organisation de la procédure.
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