« Cher confrère »... les médecins dénoncent la confusion des genres des ostéopathes exclusifs

Publié le 25/02/2013
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Crédit photo : BSIP

L’Union des médecins ostéopathes (UMO), qui réunit trois syndicats, le SNMO, le SMMOF et Ostéos de France, interpellent les pouvoirs publics. Ils dénoncent la présence de plus en plus fréquente d’ostéopathes exclusifs (non médecins) dans des cabinets médicaux, des cliniques mais aussi des hôpitaux privés et publics.

« De telles proximités peuvent nuire à la sécurité des patients », assurent les médecins ostéopathes, inquiets des proportions que prend cette dérive. Les praticiens s’étonnent de voir apparaître le nom d’ostéopathes exclusifs parmi les spécialités médicales de certains établissements et de recevoir de la part de certains ostéopathes des courriers les appelant « chers confrères ». Dans ces établissements, les patients des médecins et des ostéopathes partagent les mêmes salles d’attentes.

Une frontière poreuse

En décembre 2008, un rapport de l’Ordre, repris dans une circulaire en 2010, soulignait pourtant que les ostéopathes exclusifs devaient être exclus des maisons de santé interprofessionnelles, « la présence de médecins pouvant servir de caution et entretenir une certaine confusion sur leur champ d’exercice ».

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Extrait de la circulaire de l'Ordre (18 octobre 2010)

Les syndicats de médecins ostéopathes veulent par ailleurs que la réglementation des conditions d’exercice soit strictement appliquée (*). Le cadre légal prévoit une liste d’actes interdits aux ostéopathes non-médecins (touchers pelviens, ou encore les manipulations cervicales ou des bébés de moins de six mois sans certificat médical). « La loi de 2007 interdit toute prise en charge d’une quelconque pathologie organique ou nécessitant des avis spécialisés », rappelle le Dr Bruno Burel, président d’Ostéos de France. Le médecin souligne que « la frontière est de plus en plus ténue entre le médecin qui établit un diagnostic et l’ostéopathe exclusif ».

« Cette situation pose un problème de santé publique », souligne le Dr Corinne Le Sauder, présidente de l’UMO et du SNMO, qui souligne qu’en Belgique, un certificat médical sera bientôt obligatoire pour accéder à un ostéopathe.

* Lire notre dossier sur l’ostéopathie du 30 juin 2012

 CHRISTOPHE GATTUSO

Source : lequotidiendumedecin.fr