Chaque année, la grippe saisonnière provoque jusqu'à 650 000 décès dans le monde

Par
Coline Garré -
Publié le 15/12/2017
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Crédit photo : PHANIE

Chaque année, il y aurait jusqu'à 650 000 décès provoqués par des maladies respiratoires liées à la grippe saisonnière, selon de nouvelles estimations de l'Organisation mondiale de la santé, basées sur les données des Centers disease control and prevention (CDC) des États-Unis, publiées dans « The Lancet ».

Évoquant une fourchette allant de 290 000 à 650 000 décès (soit 4 à 8,8 décès pour 100 000 individus), l'OMS souligne une augmentation par rapport aux précédentes estimations qui, il y a une décennie, faisaient état de 250 000 à 500 000 décès, en tenant compte de toutes les causes de décès, notamment le diabète ou les maladies cardiovasculaires – alors que les estimations récentes ne recensent que les décès liés aux maladies respiratoires (bronchite, pneumonie). Selon le « Lancet », les précédentes données étaient sous-estimées. Et d'appeler à approfondir les décès consécutifs à des causes non respiratoires.

« Ces données prouvent que la grippe est un énorme fardeau, qui pèse sur l'économie et les sociétés, dans le monde entier », commente le Dr Peter Salama, directeur exécutif des programmes d'urgences de l'OMS.

Les régions les plus pauvres particulièrement touchées

Selon les CDC, la majorité des décès surviennent chez les personnes âgées de plus de 75 ans (avec des taux de mortalité de 51,3 à 99,4 décès pour 100 000 individus), et dans les régions les plus défavorisées. L'Afrique subsaharienne paie le plus lourd tribut à la grippe (avec des taux de mortalité de 2,8 à 16,5 pour 100 000 individus), talonnée par le bassin oriental de la Méditerranée, et l'Asie du Sud (3,5 à 9,2 pour 100 000).

Presque tous les décès d'enfants de moins de 5 ans (plus de 105 000 chaque année), liés à des infections respiratoires, se concentrent dans les pays émergents. Mais les effets des épidémies de grippe saisonnière dans les pays pauvres sont encore mal documentés, précise l'OMS.

Prévention pour tous

L'OMS appelle tous les pays, riches ou pauvres, à œuvrer de concert pour contrôler les épidémies de grippe, avant l'arrivée d'une nouvelle pandémie. « Cela suppose de renforcer notre capacité à détecter et à répondre aux épidémies, et de soutenir les systèmes de santé, notamment pour protéger les populations vulnérables les plus à risques », dit le Dr Salama.

L'OMS invite les pays à faire de la prévention de la grippe une priorité et à soutenir la vaccination, en particulier pour les soignants et les personnes fragiles.


Source : lequotidiendumedecin.fr