C'est arrivé aux urgences...

Publié le 13/07/2013
urgences

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Crédit photo : S. Toubon

On voit de tout aux urgences, c'est bien connu. Le département d'accueil et d'urgences de l'hôpital européen Georges Pompidou nous en donne un petit aperçu en partageant avec les lecteurs du « Quotidien » quelques perles, commentées par l'équipe elle-même (*).


« La montre ne se porte pas forcément au poignet »

M. C., 23 ans, est pris en flagrant délit de chapardage dans un grand magasin. Il vient de voler une montre. Poursuivi par les vigiles, il décide de dissimuler son butin... en l' avalant.

Toussant, éructant, crachant, il est amené par la police aux urgences mais il continue bravement à nier son délit. Notre interne pratique un ASP. Et on ne voit aucun objet ingéré ! Dirait-il la vérité ?
Nous décidons par précaution de pratiquer un nouveau cliché, du thorax cette fois-ci, et là...

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M. C. va refuser obstinément l'extraction du corps étranger par voie endoscopique. L'aggravation de son état clinique va conduire à une intervention chirurgicale le lendemain qui permettra de récupérer
l'objet en parfait état de marche.

« Où est passé le coupe-ongles ? »

M. O., 31 ans, est hospitalisé en psychiatrie pour une schizophrénie paranoïde. Il annonce le soir à l' infirmier sur le ton de la plaisanterie avoir avalé son grand coupe-ongles.

Il va pourtant parfaitement bien. Dans le doute, cependant, il est adressé au SAU. Sans grande conviction nous-mêmes, devant le parfait état clinique du patient, nous réalisons un ASP.

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Le corps étranger sera retiré avec le plus grand mal par l' endoscopiste de garde, sous AG.

« Un coup de pelle bien mal placé ! »

M. D., 39 ans, est ouvrier dans le bâtiment. Il déblaie un tas de pierres avec un autre ouvrier, à l'aide de leur pelle. À la suite d' un mouvement malencontreux, la pelle de son collègue glisse et vient le frapper au bas-ventre.
Il est amené en urgence par les pompiers, qui apparaissent assez retournés. Voici ce que nous découvrons :

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On dit souvent que les grandes douleurs sont muettes. Le patient était en sueurs, le visage crispé par la terrible douleur, mais il ne poussait pas un seul gémissement. L' interne d'urologie, au départ hostile à se déplacer aux urgences, est resté lui même sans voix. Le patient a été opéré en urgence. Un testicule a pu être sauvé.

Vous aussi, vous avez quelques anecdotes illustrées à partager avec vos confrères ? Envoyez-nous vos clichés, vidéos, accompagnés d'un bref commentaire, à l'adresse temoignages@gpsante.fr . « Le Quotidien » se fera un plaisir de les publier en ligne.

(*) Un grand merci au Dr Albert LEVY du département d'accueil et d'urgences de l'hôpital européen Georges Pompidou pour nous avoir envoyé ces clichés accompagnés de leurs commentaires. 


Source : lequotidiendumedecin.fr