À l’âge de 3 ans, il y a deux fois plus d’enfants obèses parmi ceux qui sont nés par césarienne que ceux qui sont nés par voie basse. Le rôle de la flore intestinale est proposé mais reste à prouver.
On sait que la composition de la flore intestinale est suspectée de jouer un rôle dans l’obésité. On sait aussi qu’aux États-Unis, où l’obésité de l’enfant n’est pas exceptionnelle, le taux de naissances par césarienne a augmenté de 20,7 % en 1996 à 32 % en 2007. Il était donc intéressant de voir si la césarienne est associée à un risque accru d’obésité à 3 ans.
Ce travail a porté sur des femmes vues en début de grossesse entre 1999 et 2002 et leurs enfants (n = 1 255), qui ont été suivis après la naissance. Ont été calculés à 3 ans l’IMC et les percentiles de l’IMC spécifique à l’âge et l’IMC spécifique au sexe, ainsi que le z-score. A également été calculée la somme de l’épaisseur du pli cutané des régions sous-scapulaires et tricipitales.
Dans cette cohorte, 284 enfants sont nés par césarienne. A 3 ans, 15,7 % des enfants nés par césarienne étaient obèses contre 7,5 % de ceux nés par voie vaginale. Après ajustement de plusieurs variables (notamment IMC maternel avant la grossesse, poids de naissance), la naissance par césarienne était associée à un odds ratio d’obésité plus élevé à l’âge de 3 ans (OR : 2,10), à un z-score d’IMC moyen plus élevé (0,20 unité) et à une somme d’épaisseur (tricipitale + sous-scapulaire) du pi cutané plus élevée (0,94 mm).
Comment expliquer ces résultats ? Une hypothèse est que la différence de composition du microbiote intestinal acquis lors de la naissance par césarienne ou par voie basse pourrait contribuer à l’obésité à 3 ans. En effet, des différences de la flore intestinale en fonction du mode de naissance ont été notées dans la première année. La plupart des études suggèrent que les enfants nés par césarienne ont dans leurs selles davantage de bactéries du groupe Firmicutes et moins de germes du groupe Bacteroidetes. Ces deux groupes constituent la majorité du microbiote intestinal de l’adulte. Or des données chez la souris et chez l’homme ont montré que les individus obèses ont relativement plus de Firmicutes et moins de Bacteroidetes que les autres.
Susanna Huh et coll. Archives of Diseases of Chilhood en ligne. doi:10.1136/archdischild-2011-301141
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