> TOURISME
AVEC SES 1 865 kilomètres carrés de superficie, Maurice offre une incroyable diversité de paysages. On passe allègrement des plages « tahitiennes » pour cartes postales - sable blanc et cocotiers - aux côtes bretonnes avec rochers déchiquetés battus par les vagues. Aussi riches qu'un aquarium, les lagons et les fonds turquoise de l'océan grouillent de poissons multicolores de toutes espèces.
Entre le bleu du ciel et celui de la mer, les champs de canne à sucre, immenses tapis d'un vert profond traversés au fil des heures par les longues ombres de pics ciselés et de montagnes aux formes étranges, ondulent à perte de vue sous les alizés.
Au loin, sur les hauteurs, les luxuriantes forêts - vierges de toutes bestioles venimeuses - n'accueillent qu'une paisible faune d'oiseaux chanteurs, de cerfs, de biches et d'espiègles petits singes.
Les arbres multicentenaires des jardins des Pamplemousses gardent le souvenir de Bernardin de Saint-Pierre qui y décrivit les chastes promenades amoureuses de Paul et Virginie près des longs bassins endormis étoilés de nymphéas et de nénuphars géants.
Créé au XVIIIe siècle par l'intendant Pierre Poivre autour de la résidence du gouverneur français Mahé de la Bourdonnais, le célèbre jardin botanique des Pamplemousses abrite d'incroyables variétés de plantes et de palmiers de toutes origines.
Des Pamplemousses à la plaine des Papayes, jusqu'au cap Malheureux - ainsi nommé parce que les Anglais y débarquèrent lors de la conquête de l'île en 1810 -, on suit les traces des amoureux tragiques de Bernardin de Saint-Pierre. C'est à la pointe du cap Malheureux que l'infortuné Paul, guettant l'arrivée de Virginie revenant de France à bord du « Saint-Géran », assista impuissant au naufrage du navire et à la disparition de sa bien-aimée au milieu de l'écume déferlante. La trop pudique Virginie préférant la noyade au déshonneur d'un déshabillage devant l'équipage qui l'enjoignait de sauter dans les flots pour être secourue.
Si les amoureux tragiques de Bernardin de Saint-Pierre ne furent que des personnages de roman, le naufrage du cap Malheureux fut en revanche bien réel. La nuit du 15 août 1744, le « Saint-Géran » sombra corps et biens au large de l'île d'Ambre, sa coque déchirée par les récifs.
Il n'y eut que neuf survivants parmi les passagers et l'équipage. De l'épave du navire, repérée en 1966, des plongeurs remontèrent divers objets, dont la cloche de bord, aujourd'hui exposés au Musée maritime de Mahébourg.
La fiction rejoignant parfois la réalité, au village de Poudre-d'Or, une rue baptisée Paul-et-Virginie mène à une petite crique de sable jaune ombrée de palétuviers où se dresse, face au récifs de l'île d'Ambre, une stèle commémorant le naufrage.
Sur cette île aux allures de paradis perdu, où se côtoient d'étonnants mélanges de cultures - française et anglaise, africaine, indienne et chinoise -, où l'on roule à gauche mais où le Code Napoléon est toujours en vigueur, l'art de vivre hérité de l'ancienne Isle de France a toujours droit de cité. Un art de vivre aussi doux que le mélodieux français-créole parlé par les Mauriciens de toutes origines à côté de l'anglais, langue administrative officielle.
Malgré une remarquable réussite économique due aux florissantes industries du tourisme et du textile, qui ont détrôné en partie celle du sucre, Maurice a réussi à conserver en grande partie le riche passé historique de l'ancienne Isle de France. Beau-Champ, Trou-d'Eau-Douce, Camp-du-Diable, Curepipe, Mahébourg, Souillac, les noms des lieux et des villages chantent l'héritage français, tout comme Albion, Black River, Rose-Hill, Sébastopol ou Balaklava, le britannique.
A Ferney, près de Vieux-Grand-Port, une stèle de granit gris rappelle que les Hollandais débarquèrent sur l'île en 1598 et la baptisèrent Mauritius en l'honneur du prince Maurice d'Orange.
Château-Trompette, Belle-Vue, Mauricie, Le Mesnil, La Bourdonnais, Beau-Séjour, Bel-Ombre, Esperanza, Château de Villebague, les noms des vieilles maisons coloniales ceintes de varangues à colonnades blanches et aux toitures couvertes de bardeaux s'égrènent aux abords des villes et petites localités perdues au milieu des plantations de canne à sucre ou perchées sur les hauteurs dominant l'océan.
Chefs-d'œuvre souvent en péril, ces maisons de bois, vastes demeures patriciennes ou modestes villas, sont pour la plupart de pures merveilles. Demeures privées, un grand nombre d'entre elles sont inaccessibles, cachées dans la verdure de leur parc. D'autres accueillent les visiteurs, comme Saint-Aubin, près de Souillac, belle et longue maison blanche du XIXe siècle, ou le Domaine des Aubineaux, au milieu des champs de thé de la plantation de Bois-Chéri.
L'une des plus belles est sans conteste Eurêka, longue maison créole plantée au milieu d'un vaste jardin tropical, situé au pied d'une sombre montagne, à Moka, dans le centre de l'île. Construit à la fin du XVIIIe par un colon anglais, ce beau manoir, surnommé « la maison aux 109 portes », appartint jadis à un aïeul de l'écrivain J.-M. G. Le Clézio. Remarquablement restaurée, la maison abrite des collections d'objets rares. Ouverte au public, on peut y admirer un superbe mobilier de l'époque coloniale et prendre le thé ou déjeuner « à la créole » sous la grande varangue à colonnades blanche, en compagnie du maître des lieux, Jacques de Maroussen, hôte exquis qui n'a pas son pareil pour raconter son île et l'historique d'Eurêka, avec son pittoresque passé balzacien bruissant de querelles familiales, avec ses figures hautes en couleur : vieilles tantes originales, oncle helvète rancunier, notaires corrompus et héritiers spoliés.
Non loin d'Eurêka, à Port-Louis, la capitale, le béton du modernisme, avec ses hauts immeubles administratifs, ses banques et ses centres commerciaux, a remplacé peu à peu les belles pierres volcaniques et le bois peint des constructions d'antan.
Pourtant, en flânant à travers les rues grouillantes de cette ville animée, dont le port est l'un des plus actifs de l'océan Indien, on déchiffre encore parfaitement le passé mauricien, passé qui s'affiche au hasard des quartiers : champ de courses britannique, bâtiments de pierre de lave sombre du XVIIIe français, édifices publics de l'époque victorienne, hautes et massives cathédrales catholiques, temples protestants, vieilles demeures aux balcons tarabiscotés de fer forgé se mêlent et s'entremêlent avec les temples hindous et tamouls décorés comme des sapins de Noël, les temples bouddhistes, les mosquées musulmanes et les casinos chinois. Mélange qui reflète avec exactitude l'image multiculturelle de l'île Maurice.
Sur la côte ouest, on retrouve l'atmosphère de l'Isle de France au Sugar Beach, l'un des cinq hôtels du groupe Kerzner International One&Only Resort sur l'île Maurice. Situé au bord de la longue plage de sable blanc de Wolmar, près de Flic-en-Flac, ce luxueux établissement aux allures de grand manoir colonial niché au cœur d'un jardin tropical rappelle l'atmosphère des grandes plantations sucrières d'antan. Autour du manoir et de son monumental escalier à double révolution, les seize grandes villas aux noms évoquant d'anciens et célèbres domaines (Mon Plaisir, Solitude, Belle Ombre...) s'ouvrent sur l'immense piscine, la plus grande de l'île, et le bleu de l'océan. Trois excellents restaurants dont le « Paul et Virginie », spécialisé dans les fruits de mer, un centre de remise en forme avec sauna et hammam, un centre de plongée et de ski nautique figurent parmi les atouts du Sugar Beach.
Comme la plupart des hôtels mauriciens, le Sugar Beach Resort et les hôtels du groupe Kerzner font les yeux doux aux amoureux en voyage de noces. Importantes réductions sur le prix du séjour, cadeaux et attentions particulières incitent les tourtereaux à s'abandonner à la langueur des îles.
Lune de miel mais aussi mariage ou, pourquoi pas, les deux à la fois et dans l'ordre inverse si possible. Tout est organisé sur place par la direction des hôtels : cérémonie, animations, musique, fleurs, dîner aux chandelles et champagne, promenade en calèche et photographe pour illustrer l'événement. En revanche, il est prudent de s'y prendre à l'avance pour l'obtention en France des documents administratifs nécessaires à la cérémonie avant de s'envoler avec sa dulcinée (voir encadré).
Entièrement rebâti et repensé après onze mois de travaux, le Touessrok, rouvert en 2002 sous le nom de One&Only Le Touessrok, nouvelle marque 5* de la chaîne Kerzner conjugue un décor à la fois contemporain et tropical très « tendance ». Sur la superbe côte est, face à l'île aux Cerfs, les quelque 200 chambres à la décoration d'une élégance minimaliste et pourvues de somptueuses salles de bains disposent toutes, grâce à une parfaite disposition de l'espace, d'une vue imprenable sur la mer. Le Spa Givenchy et son monumental hall lumineux vaut à lui seul le déplacement. Les neuf salles de traitement ouvertes sur l'extérieur offrent un éventail de soin de la Stone Therapy, au massage quatre mains à l'ylang-ylang en passant par un tout nouveau massage hawaiien.
Les amateurs de saveurs variées seront à la noce avec l'étonnant restaurant gastronomique « Tree Nine Eight » qui donne le choix entre neuf cuisines différentes - française, mauricienne, italienne, espagnole, thaïlandaise, asiatique, etc., et un délicieux restaurant indien, « le Safran », dont la cuisine offre un intéressant compromis entre les saveurs traditionnelles indiennes et les audaces contemporaines. Une cuisine digne du « pays parfumé que le soleil caresse » évoquée dans le poème dédié à la Belle Dame créole qu'il rencontra lors de son séjour à Maurice.
Bien-être au Royal Palm
Paradis pour initiés soucieux de perfection et de discrétion, le Royal Palm mérite toujours sa réputation de plus sélect hôtel de l'océan Indien. Depuis sa création, il y a dix-huit ans, on vient du monde entier dans cet élégant et raffiné refuge où intimité et discrétion sont érigées en règles d'or.
La plage protégée dans l'anse de Grand Baie, le décor et le confort des suites, la remarquable qualité du service et l'élégance de l'accueil, tout comme les sublimes mets inspirés du régime crétois du restaurant Natureaty et le somptueux centre de Bien-Etre et de Beauté (4 salles de massages, 2 saunas, 1 salle de balnéothérapie, 2 hammams et 1 salle de fitness ), figurent parmi les nombreux agréments de ce palace intime inscrit sur la liste des « Leading Hotels of the World ».
En plein cœur de l'été mauricien se déroulera la seconde édition de la « Semaine du bien-être » organisée au Royal Palm.
Au cours de cette semaine consacrée à l'harmonie du corps et de l'esprit, des spécialistes (un médecin homéopathe, un réflexologue, une masseuse-kinésithérapeute et Jean-Pierre Clemenceau, adepte de shiatsu et coach de stars) effectueront conférences et cours collectifs, réservant les après-midi pour les consultations individuelles.
Royal Palm (The Leading Hotels of the World) Ryal Road Grand Baie - Mauritius. Tél. : 00(230) 209.83.00. Fax : (230)263.84.55. E-mail : royalpalm@bchot.com Web : www.royalpalm-hotel.com
Forfait-séjour « Bien-être » du 29 novembre au 5 décembre 2004. A partir de 3 645 euros Paris/Paris les 7 jours/5 nuits en suite Junior et petit déjeuner incluant les transferts en voiture individuelle et les vols A/R au départ de Paris. Les séjours au Royal Palm sont proposés par Jet Tours, Beachcomber Tours, Exclusif Voyages, Kuoni et Voyageurs du Monde. Renseignements : 01.53.05.95.80.
L'amour du théâtre aussi
L'amour du théâtre est aussi au rendez-vous, grâce à l'amicale Ile Maurice-France et à l'appui d'Air Mauritius et de Beachcomber Hotels, qui ont décidé de faire venir régulièrement des comédiens et des troupes françaises à Port Louis.
Premiers ambassadeurs du théâtre made in France, le très parisien Jean-Claude Brialy, qui dans son spectacle, « J'ai oublié de vous dire », relate avec tendresse ses plus extraordinaires rencontres d'un demi-siècle de carrière ; Et Michel Leeb, dans « Qu'est-ce que sexe », un one-man show drôlement « chaud ».
Convoler à Maurice
Le gouvernement mauricien autorisant la célébration de mariages qui seront ensuite reconnus en France, de nombreux hôtels proposent des forfaits « mariage/lune de miel ».
Ainsi, le One&Only Le Touessrok et le Sugar Beach Resort fournissent (avec devis préalable) toutes les prestations nécessaires à la cérémonie : musiciens, fleurs, bouquet de la mariée, photographe, décorations, champagne et dîner aux chandelles et, le cas échéant, des témoins pour la cérémonie. (Rens. Kerzner International : 01.42.61.22.66 et email : parisoffice@kerzner).
Mais avant d'embarquer pour Cythère, il faut sacrifier à quelques formalités auprès des autorités de l'île. A savoir : l'envoi impératif, huit semaines au minimum avant le début du séjour, des documents indispensables (copie des deux passeports, actes de naissance des futurs époux émis moins de trois mois avant la date du mariage, copie de l'acte de divorce s'il y a lieu) au bureau d'état civil de Port Louis (Registar Building, rue Emmanuel-Anquetil, Port Louis, tél. : (00230) 201.17.27, fax : (00230) 201.12.22, ainsi qu'au consulat de France, 14, rue Saint-Georges, Port Louis, tél. : (00230) 201.01.00.
A leur arrivée à Maurice, les futurs époux sont reçus par un officier d'état civil qui organise un rendez-vous à la Cour suprême ainsi qu'au bureau d'état civil pour la publication des bans vingt-quatre heures avant la cérémonie. L'acte de mariage, rédigé en anglais, est traduit en français avant d'être expédié par l'ambassade de France à la mairie la plus proche du domicile des mariés.
Pour partir
TRANSPORTS : Sur Air Mauritius, avec 17 vols hebdomadaires non-stop, à partir de 715 euros A/R. A noter le confort de la classe Economique avec des sièges suffisamment espacés permettant d'allonger les jambes (90 cm) et des écrans individuels au dos de chaque siège offrant un choix de 6 films ainsi que l'excellence de la classe Affaires.
Pour les voyages de noces, la compagnie propose aux couples un tarif spécial : moins 33 % sur le deuxième billet A/R Paris-Maurice en classe Economique ou en classe Affaires (offre valable à certaines périodes, via les tours-opérateurs).
Renseignements : Air Mauritius, tél. 0890.710.315.
FORMALITES :
Passeport en cours de validité.
SANTÉ :
Aucun vaccin obligatoire.
DECALAGE HORAIRE :
+ 2 heures d'avril à octobre et + 3 de novembre à mars.
CLIMAT :
Chaud de novembre à avril, un peu plus frais de juin à septembre.
MONNAIE :
La roupie mauricienne :
10 roupies = 0,32 euro. Cartes de crédit acceptées partout.
LANGUES :
Français et créole mauricien. L'anglais (langue administrative).
HOTELS :
- One & Only Le Touessrok 5* luxe, Trou d'Eau Douce, Maurice. Tél. (00.230) 419.24.51. Fax (00.230) 491.20.25. www.oneandonlyletouessrok.com.
- Sugar Beach Resort 4*
Volmar, Flic en Flac, Maurice. Tél. (00.230)453.90.90. Fax (00.230) 453.91.00. www.SunResort.com/sugar
Réservations : Sun International (France). Tél. 01.42.61.22.66. Fax 01.42.86.89.85. E-mail : parisoffice@kerzner.
SEJOURS :
Soléa Vacances propose des forfaits-séjours « Voyage de noces » de 7 jours/5 nuits en chambre double et demi-pension, vols Air Mauritius A/R, transferts et taxes aériennes inclus au One & Only Le Touessrok, à partir de 1 700 euros Paris/Paris pour la mariée et à partir de 2 500 euros P/P pour le marié, et au Sugar Beach Resort, à partir de 1 120 euros P/P pour la mariée, à partir de 1 380 euros P/P pour le marié.
A LIRE :
- « Ile Maurice », de Jean-Marie Boëlle (Guides Mondéos)
- « A la Réunion, à l'île Maurice, aux Seychelles » (Guide Visa Hachette).
- « Ile Maurice, 100 adresses de rêve », de Christian-Luc Parison et Stéphanie Clérie-Guittet (éditions Filipacchi).
- « Paul et Virginie », de Bernardin de Saint-Pierre (Folio).
- « Le Bal du dodo », de Geneviève Dormann (Livre de Poche).
RENSEIGNEMENTS :
- Office de tourisme de l'île Maurice, 124, boulevard Haussmann, 75008 Paris. Tél. 01.44.69.34.50. E-mail : www.mauritius.net.
- Soléa Vacances. Tél. 01.49.29.60.00.
- Jet Tours. Tél. 01.42.50.83.83.
Brochure Soléa « Voyage à deux, voyage de noces » et brochure Jet Tours dans les agences et à Quotidien Voyages. Tél. 01.53.63.84.40.
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