Canicule en Italie : la mairie de Gênes tente d’instaurer... la sieste obligatoire

Publié le 23/07/2015
- Mis à jour le 12/07/2019

Crédit photo : Phanie

Pour combattre les effets de la canicule, qui a déjà fait une centaine de morts en Italie, la mairie de Gênes a proposé cette semaine d’adopter un dispositif original : rendre la sieste obligatoire de midi à dix-sept heures. Ce projet cible la protection du troisième âge, les femmes de plus de 65 ans représentant plus de 54 % de la population de la région de la Ligurie, selon les dernières données publiées par l’Istat, l’institut national des statistiques.

Concocté par le Dr Ernesto Palummeri, responsable de l’unité de crise du centre régional de vigilance météo italien, ce projet propose la fermeture des magasins et des bureaux de l’administration publique durant les heures les plus chaudes de la journée. « Les températures proches de quarante degrés et le taux d’humidité particulièrement élevé ont des répercussions négatives sur la santé des personnes âgées. Il faut donc les obliger à ne pas sortir pendant la journée », a expliqué le Dr Palummeri aux membres du conseil municipal génois. Il a ajouté que les personnes âgées ne respectent pas les conseils « anti-coups de chaleur » diffusés par les médias et les centres médicaux. « De nombreuses personnes âgées sortent faire leurs courses durant les heures les plus chaudes pour combattre l’ennui, la solitude ou tout simplement pour profiter de la climatisation dans les supérettes et les magasins », commente, pour sa part, le Dr Marco Macrì.

Colère des commerçants

L’idée a séduit les élus municipaux mais a suscité la colère des commerçants, qui sont montés au créneau pour obliger la mairie à faire marche arrière. Pour sensibiliser le conseil municipal, ces derniers ont évoqué les répercussions négatives d’une fermeture partielle sur leur chiffre d’affaires. Cette mesure est d’autant plus inacceptable, ont-ils expliqué, que les commerçants sont déjà frappés de plein fouet par la crise, qui perdure depuis plus de trois ans et demi en Italie, et qui pousse de nombreux titulaires à déposer le bilan.

De notre correspondante Ariel F. Dumont

Source : lequotidiendumedecin.fr