Candy au pays des bouffées de chaleur

Publié le 12/12/2012
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Crédit photo : BSIP

Premièrement, on écrit KNDy mais il faut prononcer « candy ». Deuxièmement, KNDy est l’abréviation de kisspeptineneurokinin B/dynorphin. Troisièmement, les KNDy sont des neurones hypothalamiques.

Cela étant dit, les bouffées de chaleur, comme celles survenant à la ménopause (mais aussi chez les hommes sous traitement anti-androgène) constituent une énigme. Or, on sait que la ménopause s’accompagne de profondes altérations des neurones hypothalamiques KNDy. Ce qui a conduit l’équipe de Naomi Rance (Arizona) à se demander si ces neurones ne pouvaient pas contribuer à la génération des bouffées de chaleur. Et donc, pour voir si ces neurones participent à la régulation de la température corporelle, les chercheurs ont étudié les effets sur la thermorégulation de l’ablation des neurones KNDy. Pour cela, ils ont injecté dans le nucleus acurate de rates ovariectomisées une toxine, la NK3-saporine, qui détruit les neurones exprimant la neurokinine-3. Résultat : dans tous les cas, l’ablation des neurones réduit la température cutanée de la queue, ce qui indique que les neurones KNDy facilitent la vasodilatation cutanée, important mécanisme de dissipation de la chaleur.

Par ailleurs, à température ambiante élevée (33 °C), la température centrale des souris ovariectomisées contrôles était significativement élevée mais diminuait avec l’administration de 17-bêta estradiol (E2). À l’opposé, la température centrale des souris ovariectomisées avec ablation de KNDy était plus basse que celle des souris contrôles et elle était non modifiée par l’administration d’E2.

« Ces résultats prouvent que les neurones KNDy induisent une vasodilatation cutanée et participent à la modulation par E2 de la température corporelle. Étant donné que la température cutanée est un signe cardinal des bouffées de chaleur, ces résultats soutiennent l’hypothèse selon laquelle les neurones KNDy pourraient jouer un rôle dans la genèse des bouffées de chaleur », concluent les auteurs.

Etude publiée dans Proc Natl Acad Sci USA, 27 novembre 2012.

 Dr EMMANUEL DE VIEL

Source : lequotidiendumedecin.fr