Campagne mondiale contre l'antibiorésistance : l'OMS classe les antibiotiques en 3 groupes à l'aide de l'outil AWaRe

Par Dr Irène Drogou
- Publié le 21/06/2019
- Mis à jour le 15/07/2019
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Crédit photo : oms

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a lancé hier une campagne mondiale invitant les gouvernements à adopter un outil permettant de limiter la propagation de la résistance aux antimicrobiens : l'outil AWaRe.

Ce dispositif classe les antibiotiques en trois groupes distincts : ceux dont l'accessibilité est essentielle, ceux à utiliser sélectivement et ceux de réserve. En donnant également des conseils sur leur utilisation, l'outil aide les décideurs, les prescripteurs et les agents de santé à choisir le bon antibiotique au bon moment et à protéger les antibiotiques menacés.

La campagne vise à porter à au moins 60 % la proportion de la consommation mondiale dans le groupe « antibiotiques dont l'accessibilité est essentielle » et à réduire l'utilisation des antibiotiques des 2 autres groupes les plus exposés au risque de résistance. L'utilisation d'« antibiotiques dont l'accessibilité est essentielle » diminue le risque de résistance en raison du spectre étroit des molécules, qui ciblent un microorganisme spécifique et non plusieurs. 

« L'un des risques les plus urgents de notre époque »

La résistance aux antimicrobiens continue de s'intensifier à l'échelle mondiale, selon un rapport du Groupe inter-institutions des Nations Unies. En l'absence d'investissements substantiels dans la mise au point de nouvelles molécules, l'amélioration de l'utilisation des antibiotiques est l'un des principaux leviers d'action. 

Actuellement, plus de la moitié des antibiotiques sont utilisés de manière inappropriée dans de nombreux pays, est-il estimé. Si plus d'une centaine de pays ont mis en place des plans nationaux de lutte contre la résistance aux antimicrobiens, seul un cinquième environ de ces plans sont financés et mis en œuvre.

Pour Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l'OMS : « La résistance aux antimicrobiens est l'un des risques sanitaires les plus urgents de notre époque et menace de réduire à néant un siècle de progrès médical. Tous les pays doivent trouver un équilibre entre assurer l'accès aux antibiotiques qui sauvent des vies et ralentir la pharmacorésistance en réservant l'utilisation de certains antibiotiques aux infections les plus difficiles à traiter. J'exhorte les pays à adopter AWaRe, car c'est un outil précieux et pratique pour y parvenir. »