Burn-out, suicide : l’UFML met en scène la mort de la médecine libérale devant le ministère de la Santé

Publié le 18/02/2014
1392735857499233_IMG_123128_HR.jpg

1392735857499233_IMG_123128_HR.jpg
Crédit photo : S. CARAMBIA

Opération de communication réussie pour l’Union française pour une médecine libre (UFML). Ce mardi, l’association présidée par le Dr Jérôme Marty a organisé sous les fenêtres du ministère de la Santé, à Paris, un « happening choc » afin de mobiliser pouvoirs publics, professionnels et patients sur la question du burn-out et du suicide des médecins.

Les prévisions du Dr Marty sur Facebook étaient justes : la presse est bien là. Certains journalistes ont peut-être entendu le généraliste dépeindre avec passion les raisons de la mobilisation de l’UFML, au petit matin sur France Inter.

Devant le ministère, une dizaine de caméras et autant de journalistes de la radio et de la presse écrite entourent la dizaine de médecins venus participer à ce « jour noir » de la médecine libérale.

Chacun porte un masque blanc et une blouse, sur laquelle est épinglé un motif de burn-out : « solitude », « honte d’être malade », « violences verbales », « dénigrement gouvernemental », « pénibilité »

Quelques-uns portent une corde autour du cou.

Crédit photo : S. Carambia

À qui faites-vous confiance ? Soignants ou gouvernants ?

La pièce commence. Debout en rang d’oignons, les médecins tombent un à un sur le macadam parisien, à chaque coup de gong donné par le Dr David Schapiro, ophtalmologue et vice-président de l’UFML. À ses côtés, le Dr Marty égrène son message petit à petit, en effeuillant plusieurs pancartes :

« Il y a un mois, un confrère s’est donné la mort. Dans la plus grande indifférence. 14 % de décès dus au suicide chez les soignants. 6 % dans la population générale… Et pendant ce temps, la ministre nous traite de nantis, de fainéants… À qui faites-vous confiance ? Soignants ou gouvernants ? »

Le happening dure moins de dix minutes. Effet visuel et sonore garanti.

Stigmatisation

« Nous avons décidé d’organiser cette action après le décès d’un confrère psychiatre, explique le Dr Schapiro au « Quotidien ». Il travaillait en cabinet de groupe, était proche de la retraite. Il y a quelques semaines, il a sauté dans la Gironde, comme ça. Notre but est de faire prendre conscience à tous que les médecins sont précieux, qu’ils craquent en silence et qu’il faut cesser de les stigmatiser ».

La méthode choisie portera-t-elle ses fruits ? Dans ce quartier chic de la capitale, un badaud s’approche des caméras et interroge une consœur sur les raisons de l’attroupement. Des médecins dénoncent leurs conditions de travail, résume-t-elle. « Ce sont des libéraux ? », demande le vieil homme. « Oui », lui répond-on. « Ils n’ont qu’à travailler moins », conclut-il.

Anne Bayle-Iniguez

Source : lequotidiendumedecin.fr