À Brouckerque, une expérimentation du DMP sur clé USB fait un flop

Publié le 30/07/2014
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Crédit photo : DR.

Ce mercredi 30 juillet, la mairie de Brouckerque (Nord) va prononcer l’avis de décès de deux bornes mort-nées. Elles devaient être les piliers d’une expérimentation de dossier médical sur clé USB, imaginée par le Dr Alain Caron, président de l’Association pour la promotion de l’informatique et de la communication en médecine (APICEM).

L’idée était de permettre aux patients d’avoir leurs données – ou plutôt les courriers des médecins* – à portée de clé USB, et non sur un serveur centralisé. Quant aux médecins, leur exercice en aurait été facilité : « Ils n’auraient pas eu besoin de consulter et d’alimenter le DMP car tous les flux concernant le malade allaient directement au serveur », selon le Dr Caron.

« Nous savions que cela n’allait pas être facile car certaines régions n’ont pas Internet, poursuit le président d’APICEM. Les personnes âgées, qui consultent plusieurs médecins, ne sont pas toujours très à l’aise avec les nouvelles technologies. Il aurait fallu éduquer les patients à gérer leurs données et ne pas les confier à n’importe qui. »

Pour répondre à une partie de ces difficultés, le Dr Caron avait donc pensé à un système de bornes en mairie où les patients viendraient télécharger leurs données cryptées. « Elles devaient être décryptées dès leur passage sur clé USB grâce à un code qui ne pouvait pas être forcé », explique le médecin.

L’expérimentation à Brouckerque aurait été l’occasion de prendre la mesure de potentiels autres risques. « C’est une commune au profil idéal, avec un seul médecin et un député, Jean-Pierre Decool, très favorable au projet » argumente le Dr Caron.

Avis négatif de la CNIL

Malgré l’installation des bornes mi-2013, le concept a capoté avant même d’être expérimenté. Un mauvais timing, explique le Dr Caron. « Nous avons attendu un avis de la CNIL (pourtant pas obligatoire) sur notre capacité à être hébergeur de données de santé agréé ». Rendu mi-décembre, il se révéla négatif.

« Nous avions, selon un amendement introduit dans la loi Fourcade, jusqu’au 31 décembre pour déposer l’expérimentation. Depuis 2014, il n’est plus possibilité d’expérimenter ce DMP sur clé USB ».

Conclusion : les deux bornes, qui ont coûté à Apicem 5 000 euros, n’ont plus de raison d’être. À Brouckerque, le DMP n’a pas dépassé les bornes.

*Apicrypt, la messagerie sécurisée développée par APICEM, recense plus de 50 000 adhérents, et 51,4 millions de courriers échangés depuis un an.

C.G.

Source : lequotidiendumedecin.fr