Bourses anti-déserts : étudiants et internes négocient l’aménagement du CESP

Publié le 04/03/2013
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Crédit photo : AFP

Les représentants des étudiants en médecine (ANEMF) et des internes (ISNIH et ISNAR-IMG pour la médecine générale) ont été reçus au ministère de la Santé par la Direction générale de l’offre de soins (DGOS). « Le but de cette rencontre était d’avancer des propositions pour améliorer l’attractivité du contrat d’engagement de service public (CESP), souligne Hector Simon, représentant de l’ISNIH. Avec l’ISNAR-IMG et l’ANEMF, nous avons proposé plusieurs mesures d’aménagement de ce dispositif, qui représente un engagement très lourd pour les étudiants et internes ».

Destiné aux étudiants de 2e année jusqu’à la dernière année d’internat, ce CESP offre à son signataire une allocation brute mensuelle de 1 200 euros pendant la durée du contrat. En échange, il s’engage à exercer dans une zone médicalement sous-dotée, au tarif conventionnel. La durée de l’engagement est égale à celle du versement de l’aide.

Entre 2010 et 2012, 400 étudiants et internes ont signé un CESP sur les 800 initialement prévus. Souhaitant « booster » ces chiffres, Marisol Touraine espère 1 500 signatures d’ici à 2017.

Plus de souplesse

Les trois organisations veulent d’abord améliorer la communication autour du CESP, « principal frein » aux réticences des étudiants et internes. « Communiquer plus largement […] serait plus rassurant et plus engageant », peut-on lire dans le document remis à la DGOS.Beaucoup de carabins ignorent par exemple que « la possibilité de changer de zone d’installation une fois installé » est « toujours laissée aux signataires ».

Ensuite, les jeunes médecins réclament « un engagement plus souple ». « On voudrait que les externes signataires, une fois en internat et étant rémunérés, aient la possibilité de stopper leur contrat et de s’engager uniquement sur le nombre d’années pendant lesquelles ils ont bénéficié de l’allocation, détaille Hector Simon. Le résultat sera le même qu’un engagement sur dix ans – les internes s’installeront –, ça coûtera moins cher à l’État et ce sera bien plus attractif. »

Cagnotte pour un futur cabinet médical ?

Enfin, étudiants et internes veulent mettre l’accent sur l’accompagnement à l’installation. Ils aimeraient percevoir l’allocation sur un compte « rémunéré annuellement à hauteur de l’inflation ». « Cette "cagnotte" serait conservée pour aider à la création d’un cabinet médical, explique Hector Simon. Cela permettrait de réduire le temps de latence entre la fin de l’internat et l’installation ».

Un tuteur volontaire, maître de stage universitaire, pourrait aussi être proposé aux internes dans le cadre du CESP, « afin de lever le verrou de l’inconnu ».

La prochaine réunion de réflexion sur ce sujet est prévue fin mars. Les négociations devraient se terminer au début de l’été, afin de modifier le contenu du décret sur le CESP. La nouvelle mouture serait effective en novembre.

 ANNE BAYLE-INIGUEZ

Source : lequotidiendumedecin.fr