DE NOTRE CORRESPONDANTE
C'EST AU DEBUT des années 1990 que l'idée avait germé : Benoît Miribel, à l'époque employé à l'aéroport de Lyon-Satolas et aujourd'hui secrétaire général de Bioport, souhaitait aider les ONG à acheminer du matériel, à moindres frais, vers leurs lieux d'action. Profitant du projet d'extension de fret élaboré par l'aéroport lyonnais, il demandait qu'un pôle soit réservé à l'humanitaire et démarchait la fondation Mérieux, pour obtenir son appui. Sa rencontre avec le Dr Charles Mérieux se révèle fructueuse : « En quinze minutes, il avait compris », se souvient Benoît Miribel. Une association est créée dans la foulée et baptisée Bioport, à la demande du Dr Mérieux, désireux de faire écho au centre de formation à l'humanitaire Bioforce, qu'il avait fondé.
Aujourd'hui, si les principaux bailleurs de fonds restent la région, le conseil général, quelques municipalités de la banlieue lyonnaise et, plus rarement, la fondation Mérieux, Bioport s'autofinance à la hauteur de 67 %. Pour remplir sa mission, c'est-à-dire mettre tout un ensemble de moyens techniques, humains et financiers à la disposition des ONG, l'association dispose de 5 000 m2 de bâtiments à Bron et d'un budget annuel de 180 000 euros. En 2003, ce sont 310 tonnes de matériel qui ont été envoyées dans 50 pays différents, pour des coûts équivalant au tiers de ceux pratiqués sur le marché.
Avec celle dont dispose Médecins sans Frontières (MSF) à Bordeaux, Bioport possède la plus grosse plate-forme logistique nationale dédiée à l'humanitaire. Ce qui conduit les responsables de l'association lyonnaise à vouloir renforcer le maillage existant avec d'autres plates-formes, plus petites, pour « optimiser les moyens et les compétences ».
Evaluer les besoins.
En 2004, « plus de trois cents associations nous ont contactés », indique Jérôme Aubry, directeur de Bioport, en soulignant que sa structure faisait de plus en plus de conseil et d'appui technique aux projets. Pour éviter les dérives, une charte a été élaborée, dans laquelle les ONG s'engagent à n'envoyer que ce qui est utile. De son côté, Bioport s'enquiert systématiquement des besoins du pays concerné par les envois, auprès de son ambassade et d'associations « référentes ». D'ailleurs, l'association lyonnaise aimerait jouer un plus grand rôle dans l'évaluation de ces besoins : « Nous envisageons, par exemple, de créer un outil sur le don, explique Jérôme Aubry, afin de récupérer le témoignage des bénéficiaires, dans trois continents, pour vérifier la réalité et l'utilité des dons. » L'association recherche d'ailleurs des partenaires financiers sur ce projet.
Au-delà de l'humanitaire, Bioport s'est aussi ouvert au commerce équitable et, plus largement, aux associations solidaires. Dans le même ordre d'idées, elle a créé une deuxième structure, Bioport Insertion, en 1999, pour former de jeunes RMIstes ou chômeurs au métier de cariste. Pour son dixième anniversaire, l'association organise une soirée festive et la 3e édition de son Marché du monde (les 17 et 18 septembre à Bron*), manifestation destinée à rendre une certaine visibilité aux ONG et développer le bénévolat.
* Renseignements : 04.72.37.16.44.
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