Aux États-Unis, la mortalité in utero concerne davantage les femmes noires

Publié le 14/12/2011

La première étude* a été menée (comme la seconde) par le Stillbirth Collaborative Research Network (SCNR). Robert M. Silver (Salt Lake City, Utah) et coll. ont enrôlé 663 femmes ayant donné naissance à un enfant mort-né, après 20 semaines d’aménorrhée. Parmi elles, 500 ont autorisé l’examen post-mortem du fœtus. La cause probable ou possible du décès a été identifiée dans 390 cas (76,2 %).

La responsabilité la plus fréquente en revient à une complication obstétricale (n = 150, 69,3 %), suivie par une anomalie placentaire (n = 121, 23,6 %). Plus loin derrière, ont été relevées des anomalies génétiques ou constitutionnelles (n = 70, 13,7 %), des infections (n = 66, 12,9 %), des anomalies du cordon (n = 53, 10,4 %), une pathologie hypertensive (n = 47, 9,2 %) et, enfin, des causes maternelles (n = 40,7,8 %).

Ce qui apparaît de façon flagrante est la diversité selon les groupes ethniques. Les femmes noires, non hispaniques sont bien plus concernées que les hispaniques et les blanches non hispaniques sur plusieurs des causes retrouvées. Chez les Afro-Américaines la mortinatalité est attribuée à une complication obstétricale dans 43,5 % des cas, contre 23,7 % pour les autres, et à une infection dans 25,2 % des cas, contre 7,8 %. Cette population à risque, enfin, connaît davantage de mortalité fœtale au cours de l’accouchement ou en début de grossesse.

Selon les auteurs, les moyens les plus probants de connaître la cause du décès sont l’histologie du placenta, la vérification post-mortem et le caryotype.

Le second travail**, George R. Saade (Glaveston, Texas) et coll. a porté sur 614 cas et 1 816 accouchements témoins. Il s’est intéressé aux facteurs de risque pré-gestationnels. Ils sont nombreux, mais surtout, s’il est possible d’intervenir sur certains, d’autres sont immuables. Les taux de mortinatalité selon les causes antérieures sont : ethnie noire, non hispanique, odds ratio 2,12 ; un mort-né antérieur, 6,7 % des cas ; nulliparité avec (OR 5,91) ou sans (OR 1,98) antécédent de fausse couche ; diabète, OR 2,5 ; grossesse après 40 ans, OR 2,41 ; groupe AB, OR 1,96 ; toxicomanie, OR 2,08 ; tabagisme, OR 1,55 ; surpoids-obésité OR 1,72 ; grossesse multiple OR 4,59. Mais le calcul leur attribue une faible influence globale sur la mortinatalité avec une variance faible.

« JAMA », vol. 306, n° 22, pp. *2459-2468 et **2469-2479

 Dr GUY BENZADON

Source : lequotidiendumedecin.fr