Augmentation des AVC après radiothérapie crânienne dans l’enfance

Publié le 25/05/2011
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Crédit photo : Brain

Le surplus de risque n’apparaît qu’à très long terme, au-delà de 20 ans après le traitement par radiothérapie. Les auteurs insistent sur la nécessité du suivi prolongé de ces sujets et sur l’utilisation des méthodes de radiothérapie qui épargnent les tissus sains.

La cohorte initiale comprenait 4 590 survivants à deux ans de cancers de l’enfant traités en 1985 ou avant (les premiers cas en 1946), dans huit centres en France et au Royaume-Uni. Parmi ces patients, 4 227 toujours en vie 5 ans après le diagnostic sont inclus dans cette dernière analyse. Les enfants avaient été traités pour tous types de maladies malignes à l’exception des leucémies.

Après un suivi médian de 30 ans, 23 décès dus à des AVC hémorragiques ou ischémiques ont été enregistrés.

Le risque à long terme de décès par AVC augmente de manière linéaire avec la dose de rayonnements reçue. Le risque augmente de 22 % pour chaque Gray additionnel reçu dans cette zone cérébrale. Par rapport aux patients qui n’avaient pas reçu de radiothérapie ou qui avaient reçu moins de 0,1 Gy au niveau de cette région cérébrale, ceux qui avaient reçu plus de 50 Gy dans l’enfance avaient un risque de décès par AVC 17,8 fois plus élevé (p < 0,0001).

La dose de rayons reçue au niveau d’une zone située en avant du tronc cérébral (appelée citerne prépontique) joue un rôle important sur le risque de décès par pathologies cérébrovasculaires. En effet, lorsque cette zone est irradiée, le risque est supérieur à celui observé pour une irradiation du reste du cerveau.

La citerne prépontique est très proche du polygone de Willis, boucle d’artères à la base de la distribution du sang au cerveau.

L’augmentation du risque semble exister dès des doses modérées d’exposition et pourrait avoir des conséquences importantes dans la planification des traitements radiothérapiques, estime Florent de Vathaire.

Comme tous ces décès sauf 4 sont survenus plus de 20 ans après la radiothérapie, les résultats confirment l’importance du suivi médical à très long terme des enfants guéris d’un cancer.

Brain, (2011), http:/dx.doi.org/10.1093/brain/awr071.

&gt; Dr BÉATRICE VUAILLE

Source : lequotidiendumedecin.fr