Au congrès de l’Ordre, les médecins potaches chahutent le patron de l’Assurance-maladie

Publié le 29/10/2015
- Mis à jour le 29/10/2015

Crédit photo : PHANIE

Les débats organisés par l’Ordre des médecins sont habituellement empreints d’une exquise urbanité. Une session du 2e congrès du CNOM, qui se tient à Paris, a permis de constater que beaucoup de conseillers ordinaux ont tout de même conservé l’attitude potache de jeunes carabins.

Ce jeudi, la salle bondée majoritairement de médecins (près de 1 000 personnes) n’a pas hésité à chahuter Nicolas Revel, le directeur général de l’Assurance-maladie, qui s’exprimait dans un débat sur la construction d’une « économie de santé efficace et solidaire ».

Lorsque le patron de la CNAM a assuré que la réforme de 2004 avait permis le « maintien du paritarisme dans le système conventionnel »« ce système n’est pas administré puisque les conventions sont négociées » –, certains dans l’assistance se sont esclaffés.

Des rires et quelques sifflets

La salle a aussi réagi par des rires nourris et quelques sifflets lorsque Nicolas Revel a assuré que les rémunérations des médecins avaient progressé au cours des quatre dernières années. Le directeur de l’Assurance-maladie répondait aux propos de l’économiste de la santé Frédéric Bizard, qui assurait que la maîtrise médicalisée était « une stratégie sournoise de réduction de la valeur des actes ».

Enfin, quand Nicolas Revel a indiqué aux médecins présents qu’une de ses responsabilités était de « simplifier » leurs conditions d’exercice, les participants ont laissé bruyamment percer leur scepticisme. Nicolas Revel a donné un exemple de ces simplifications avec la réforme du système d’admission et de renouvellement des protocoles ALD.

Le DG de l’Assurance-maladie a par ailleurs défendu le bilan de l’avenant 8 de la convention signé en octobre 2012, qui vise à encadrer les compléments d’honoraires, après la publication d’une étude suggérant sa maigre portée. « Sur l’ensemble du secteur II, il y a eu une légère baisse du taux de dépassement depuis la signature de l’avenant », a-t-il affirmé. Nicolas Revel estime cette baisse à 1 % depuis l’entrée en vigueur de l’avenant, alors que ce taux progressait avant sa signature.

H.S.R.

Source : lequotidiendumedecin.fr