LES INFECTIONS fongiques invasives, dont l'incidence a augmenté de façon significative depuis 1980, sont devenues une préoccupation majeure des services d'oncohématologie et de transplantation. Les candidoses et les aspergilloses invasives qui figurent au premier plan en termes de fréquence, s'accompagnent d'une mortalité élevée respectivement 40 % et de 50 à 90 %.
Par ailleurs, l'épidémiologie de ces infections fungiques s'est modifiée avec une progression des infections à Candida non albicans et des infections à Aspergillus non fumigatus ainsi qu'une émergence de mycoses rares au pronostic redoutable comme les infections à Scedoporiumsp et Fusarium sp.
Lors de sa mise sur le marché en 2002 par le Laboratoire Pfizer, le voriconazole (Vfend), a enrichi l'arsenal thérapeutique antifungique pour la prise en charge de ces infections qui mettent en jeu le pronostic vital.
Cette année, de nouvelles données cliniques ont permis d'élargir les indications du voriconazole au traitement des candidémies chez les patients non neutropéniques.
Une étude multicentrique randomisée ouverte.
Au 14e Congrès de l'Eccmid en mai 2004, le Pr Bart Jan Kullberg de l'hôpital de Nijmegen (Pays-Bas) a présenté pour la première fois les résultats d'une étude multicentrique randomisée ouverte comparant l'efficacité et la tolérance du voriconazole versus amphotéricine B suivie du fluconazole dans le traitement de la candidémie du patient non neutropénique.
Quatre cent vingt-deux patients ont été inclus dans l'étude ; 370 patients non neutropéniques atteints d'une candidémie documentée (hémoculture positive) ont été randomisés selon un ratio 2/1 : 248 dans le bras voriconazole (6 mg/kg/douze heures à J1 puis 3 mg/kg/douze heures), 122 dans le bras amphotéricine B (au moins 0,7 mg/kg/j pendant trois à sept jours) suivi du fluconazole I. V. ou per os (400 mg/j).
L'évaluation et le contrôle des données ont été effectués en aveugle par un comité indépendant de revue des données (DRC-Data Review Comittee).
Le critère primaire d'évaluation était la non-infériorité du voriconazole douze semaines après la fin du traitement (succès défini par la guérison ou l'amélioration de tous les signes cliniques avec éradication de Candida du sang et des sites infectés).
Les critères secondaires étaient la réponse à la fin du traitement ou deux, six et douze semaines après la fin du traitement.
L'analyse des données montre que le voriconazole est aussi efficace (65,5 % de réponses favorables) que l'amphotéricine B suivie du fluconazole (71,3 % de réponses favorables) dans le traitement de première intention des candidémies y compris à espèces non albicans chez le patient non neutropénique.
Temps moyen de négativation des cultures.
Le temps moyen de négativation des cultures est aussi rapide dans le bras voriconazole que dans le bras amphotéricine suivie du fluconazole.
Le taux de survie à J 98 n'est pas significativement différent dans les deux bras de traitement (64,5 % dans le bras voriconazole vs 58,2 % dans l'autre bras) et le taux d'effets indésirables est similaire dans les deux bras.
Au vu de ces résultats, le voriconazole a obtenu une nouvelle indication dans le traitement des candidémies chez les patients non neutropéniques.
Conférence de presse organisée par le Laboratoire Pfizer et présidée par le Pr Olivier Lortholary.
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