Aspartame : « Le doute devrait profiter au consommateur »

Publié le 17/11/2011
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Crédit photo : © PHANIE

« Il y a un an, une étude réalisée auprès de 60 000 femmes enceintes par une équipe danoise mettait en évidence un taux plus élevé de naissances prématurées tardives (soit entre les 32e et 36e semaines d’aménorrhée), proportionnel à la consommation de boissons gazeuses avec édulcorants », écrivent-ils. Faisant référence aux déclarations de Xavier Bertrand sur le Mediator, dans lesquelles il affirmait que le doute devait désormais profiter aux malades, le Dr Laurent Chevallier, responsable de la communication du RES, et André Cicolella, son président et porte-parole, expliquent : « Dans le cas présent, il nous semble que le doute devrait profiter au consommateur. » Les données scientifiques sont, ajoutent-ils, « suffisantes pour agir, c’est-à-dire, à tout le moins, pour diffuser des conseils de prudence auprès des femmes enceintes ».

Dans une note d’accompagnement, cosignés également par les Drs Pierre Mares, chef de service de gynéco-obstétrique (CHU de Nîmes), Dominique Le Houézec, pédiatre, et Marianne Buhler, gynécologue, ils soulignent que la prématurité a augmenté en France, passant de 5,9 % en 1995 à 7,4 % en 2010. « La prématurité tardive (32-36 SA) représente 75 % des naissances prématurées et deux tiers de cet accroissement », précisent-ils.

Des études récentes indiquent, par ailleurs, que cette prématurité tardive, longtemps considérée comme ne posant pas de problème, peut avoir des « conséquences sanitaires graves » : retard de développement, risque d’autisme, morbidité respiratoire, vulnérabilité infectieuse, risque de dépression. « La prévention de toutes les prématurités précoces ou tardives doit être une priorité », déclarent-ils.

Début septembre, le directeur adjoint de l’Agence de sécurité sanitaire de l’alimentation (ANSES), le Pr Gérard Lasfargues, rappelait que l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) avait été chargée de conduire une réévaluation de la sécurité de l’aspartame et de la dose journalière admissible (DJA), à la suite de la publication de deux études, dont l’étude danoise. Les résultats sont attendus pour 2012.

De son côté, l’ANSES s’est emparée de la question « bénéfices/risques nutritionnels », afin d’élaborer, éventuellement, des recommandations aux populations sensibles telles que les femmes enceintes et les enfants. « Si des recommandations de précaution doivent être faites pour des populations sensibles, on les fera le plus vite possible », avait-il indiqué.

 Dr L. A.

Source : lequotidiendumedecin.fr