AMP : les enfants issus d'un don de gamètes et même de GPA se portent bien

Par
Coline Garré -
Publié le 06/06/2019
Gamète, don...

Gamète, don...
Crédit photo : Phanie

Les familles dont les enfants sont nés grâce à un don de gamètes ou à une gestation pour autrui (GPA) présentent le même niveau de bien-être et de qualité de leurs relations que les autres, a mis en évidence une étude longitudinale présentée par Vasanti Jadva, chercheuse en psychologie à l'Université de Cambridge, au Royaume-Uni, lors de la conférence internationale sur le devenir des enfants issus d'assistance médicale à la procréation (AMP), ce 4 juin. 

Les chercheurs ont suivi 51 enfants issus d'un don d'ovocyte, 50 d'un don de sperme, 42 d'une GPA et 80 enfants conçus spontanément, pendant 14 ans (avec néanmoins, des perdus de vue sur la période, liés à des déménagements), au gré d'évaluations conduites à l'âge de 2, 3, 7, 10 et 14 ans. 

Les évaluations dans les âges les plus jeunes (1 à 3) montrent chez les parents qui ont suivi un parcours d'AMP un plus grand bien-être et un meilleur vécu de la parentalité, que les couples où la grossesse fut spontanée. Ainsi à deux ans, « les mères du groupe AMP témoignent de relations parents-enfants plus positives que celles du groupe contrôle, avec plus de plaisir et d'aisance, et moins de sentiment de colère, culpabilité ou déception à l'égard de l'enfant, explique Vasanti Jadva, et plus de chaleur et d'interaction à trois ans ». Cela tient en partie, selon elle, au long parcours d'AMP semé d'embûches, dont la fin est vécue comme un bonheur, et qui a en outre préparé les parents à endosser leur nouveau rôle. 

Parler du mode de conception avant 7 ans 

Du côté des enfants issus d'AMP ou de GPA, leur développement ne diffère pas des autres. Si les petits issus d'une GPA peuvent présenter des difficultés scolaires à 7 ans, elles se résorbent à l'âge de 10 ans. « Peut-être le temps de comprendre et d'incorporer leur mode de conception » avance Vasanti Jadva. À 14 ans, il n'est retrouvé aucun problème de comportement ni d'estime de soi ; la majorité (32 sur 44) est indifférente à l'égard de son mode de conception, les autres y portent un regard positif (7) (sentiment d'être spécial, intéressant, cool), une minorité (5) est ambivalente. 

L'étude souligne néanmoins l'importance de parler aux enfants de leur mode de conception avant l'âge de 7 ans. Chez ce groupe d'enfants, les chercheurs observent à l'adolescence de meilleures relations familiales, moins de conflits, et un plus grand bien-être psychologique (caractérisé par de l'engagement, de la persévérance de l'optimisme, des relations sociales, et de la joie). 

Plus de contacts en cas GPA en Grande-Bretagne

Une seconde étude menée après la levée de l'anonymat des donneurs de gamètes, introduit par la loi, auprès de 85 familles concernées par un don d'ovocytes, comparé à 65 familles ayant eu recours à la FIV, ne montre pas de grandes différences entre les deux groupes.

Enfin, les parents ayant eu recours à une gestation pour autrui en Grande-Bretagne ou aux États-Unis se sont montrés plus impliqués dans la grossesse que ceux qui se sont tournés vers l'Asie ; ils étaient aussi plus susceptibles de garder le contact avec la mère porteuse et d'entretenir de bonnes relations avec elle. 

« Avec le développement d'Internet et de la GPA outre-Atlantique, d'autres études doivent être menées pour voir comment cela influence le bien-être psychologique des enfants », a conclu Vasanti Jadva. 


Source : lequotidiendumedecin.fr