ISSU de la recherche AstraZeneca, le ximelagatran vient d'obtenir l'AMM en Europe dans la prophylaxie des accidents thrombophlébitiques, chez les patients relevant d'une chirurgie orthopédique. L'extension de cette indication au versant curatif de cette pathologie et à la prévention des accidents emboliques en cas de fibrillation auriculaire (FA) devrait être reconnue dans les mois à venir.
Exanta inhibe l'élément clef du processus de coagulation : la fixation du fibrinogène à la thrombine. Bien que le mécanisme d'action soit totalement différent, son délai d'action très court est comparable à celui des héparines de bas poids moléculaire. Mais, par rapport à cette classe, il dispose d'atouts : il est absorbé per os et ne nécessite pas de contrôle régulier des plaquettes. Il peut aussi être prescrit au long cours et se substituer aux antivitamines K (AVK). Les travaux réalisés chez le patient en FA montrent qu'une posologie unique de ximelagatran est aussi efficace qu'un traitement par warfarine bien équilibré par des contrôles biologiques. Exanta se montre, de plus, beaucoup plus souple à utiliser. L'anticoagulation effective est obtenue en quelques heures et, à l'inverse, en cas d'hémorragie, l'arrêt n'est pas pénalisé par un effet persistant plusieurs jours. De plus, l'action des AVK se montre très fluctuante, dépendante de l'alimentation et des interactions médicamenteuses. L'adaptation posologique est d'autant plus délicate que la marge thérapeutique est étroite, entre hypocoagulabilité efficace (INR supérieur à 2) et risque hémorragique (INR supérieur à 5). Le suivi rapproché chez un même patient montre très souvent des écarts hors des limites de cette fourchette.
Biodisponibilité très stable.
Le ximelagatran, au contraire, se caractérise par un taux de biodisponibilité très stable (les fluctuations ne dépassant pas 20 %). L'effet anticoagulant est, de ce fait, identique d'un patient à l'autre pour une dose standard et il reste constant dans le temps, sans qu'il soit nécessaire d'adapter la posologie. Le contrôle des paramètres biologiques de la coagulation à intervalle régulier devient superflu. En revanche, lors d'une prescription prolongée, un dosage sanguin régulier des enzymes hépatiques est recommandé (de un à six mois), des signes biologiques de cytolyse ayant été décrits (6 % des cas). Cet effet secondaire est transitoire, les chiffres se normalisant spontanément par la suite.
Ne reproduisant ni les inconvénients respectifs des héparines et des AVK, ni leurs complications, le ximelagatran devrait permettre d'améliorer la prise en charge de tous les patients nécessitant une anticoagulation. Car, estime le Pr Bertil Olsson (Suède), « bien que la phlébothrombose soit l'une des principales causes de mortalité et de morbidité dans les pays occidentaux, beaucoup de patients à risque ne bénéficient toujours pas actuellement d'un traitement adapté ».
Delivering Innovation in Anticoagulation. International Media Briefing organisé par les Laboratoires AstraZeneca, Mölndal (Suède).
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