Aides à l’installation : l’URPS du Languedoc-Roussillon dénonce des critères d’éligibilité « aberrants »

Publié le 11/12/2012
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En Languedoc-Roussillon, les médecins libéraux de l’Union régionale des professionnels de santé (URPS) s’élèvent contre les « critères aberrants » d’attribution de l’aide financière octroyée dans le cadre de l’« option démographie ». Ce dispositif conventionnel favorise l’installation des médecins (tous secteurs, toutes spécialités) dans les déserts médicaux. Selon l’URPS, seuls 3 médecins généralistes sur 97 exerçant dans les 30 zones fragiles sont éligibles en Languedoc-Roussillon.

Pour bénéficier de cette aide, le médecin doit s’engager à exercer en groupe ou en pôle de santé pendant trois ans en tarifs opposables dans une zone déficitaire. Deux tiers de son activité doivent être réalisés auprès de patients résidant dans la zone fragile. En échange, il touche 5 000 euros par an (sur trois ans) et une aide à l’activité représentant 10 % de ses honoraires annuels (consultations et visites) plafonnée à 10 000 euros par an s’il exerce en groupe, la moitié en exercice de pôle.

Pour le président de l’URPS, le Dr Jean-Paul Ortiz, la définition de ces zones fragiles pose problème. « L’agence régionale de santé (ARS) a établi à 55 006 le nombre d’habitants maximum résidant en zone fragile, soit 2,19 % de la population régionale. C’est un taux extrêmement bas qui ne tient pas compte de l’hétérogénéité locale ». En comparaison, les zones fragiles de Picardie couvrent 17,3 % de la population et celles de Provence-Alpes-Côte d’Azur (PACA), région médicalement mieux lotie, 1,33 %. « Sur la bande côtière, continue le Dr Ortiz, il y a effectivement beaucoup de médecins et d’habitants, mais en Lozère, dans les hauts cantons de l’Hérault, au nord du Gard et dans la partie montagneuse des Pyrénées, les médecins se font de plus en plus rares. » Pour le néphrologue, il s’agit là d’un « critère extrêmement restrictif ».

L’URPS dénonce aussi « l’aberration » du critère d’activité pour « les médecins exerçant en communes rurales car leur zone de patientèle s’étend à de nombreuses communes limitrophes qui n’ont pas été classées en zone fragile. » « En saison, le médecin de montagne exerce sur les pistes, en dehors de sa commune, située plus bas dans la vallée », indique le Dr Ortiz.

L’URPS propose de revoir à la hausse l’éligibilité des zones fragiles pour atteindre 4,8 % de la population régionale (126 803 habitants). Une autre solution consisterait à abaisser le quota des deux tiers d’activité à 50 %. Dans cette hypothèse, 90 154 habitants seraient concernés.

 ANNE BAYLE-INIGUEZ

Source : lequotidiendumedecin.fr