Attaques de plus en plus violentes, de plus en plus audacieuses et organisées, les forces de la coalition sont en train de perdre le contrôle de l'Irak.
Sans le retour de la sécurité, rien n'est possible : ni la reconstruction du pays ni sa transformation politique. Il est beaucoup trop tard pour revenir sur le passé récent et émettre des jugements sur la politique américaine. Les Etats-Unis n'ont plus le choix : contrairement à ce qu'exigent les mouvements pacifistes, l'armée américaine ne peut pas évacuer l'Irak et l'abandonner à l'anarchie. Dès lors qu'elle doit y rester, elle doit livrer une deuxième bataille pour contenir le terrorisme et rétablir la sécurité.
Toute comparaison avec le Vietnam est à la fois prématurée et inexacte ; ce qui est vrai, en revanche, c'est qu'une défaite des Etats-Unis ne peut pas être exclue. George W. Bush doit donc réagir en dépensant plus d'argent et en envoyant des renforts.
On dit qu'il ne peut pas se permettre d'intensifier la bataille alors que l'échéance des élections se rapproche, que les pacifistes se réveillent, qu'on note des désertions ou des « prolongations » de permissions chez les soldats. Mais il ne peut pas se permettre davantage de reconnaître qu'il s'est trompé sur toute la ligne : s'il évacue ses forces, il ne sera pas réélu.
Les tentatives de son administration pour recueillir des dons et recruter d'autres corps expéditionnaires ont montré leurs limites : il est probable que plusieurs pays apporteront leur concours financier à l'effort américain (20 milliards de dollars) ; mais aucun Etat, pas même la Turquie, dont les Irakiens, et surtout les Kurdes, ne veulent pas, n'enverra des troupes.
Pour deux raisons : la première, bien sûr, c'est que les Etats-Unis se sont faits fort de liquider le régime de Saddam Hussein par leurs propres moyens, alors que le monde entier les a mis en garde contre une mésaventure ; la seconde est que le chaos est tel que personne ne veut tremper un doigt dans le chaudron.
Les fidèles de Saddam, associés aux réseaux d'Al Qaïda, veulent faire un test de l'Irak et montrer qu'ils peuvent gagner cette guerre, et remporter leur première victoire contre l'Occident. Sur un plan formel, rien n'oblige l'Europe à courir à la rescousse des Etats-Unis. Mais leur défaite serait aussi la nôtre : elle permettrait de transformer l'Irak en centre mondial du terrorisme, et surtout, elle convaincrait les intégristes que la guerre vaut la peine d'être livrée contre les intérêts occidentaux.
De sorte que chaque pays attaché à sa propre sécurité est directement concerné par ce qui se passe en Irak. Et qu'on ne peut pas, au nom de l'antiaméricanisme, laisser le terrorisme l'emporter. Certes, tout cela est la faute de M. Bush. Mais qu'ils perdent ou qu'ils gagnent, nous subirons, d'une manière ou d'une autre, les contre-coups de la politique des Etats-Unis.
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