Vacciner les filles et les garçons contre le HPV, une nécessité pour l'Académie de médecine

Par
Charlène Catalifaud -
Publié le 27/09/2019

Crédit photo : S. Toubon

L’Académie nationale de médecine s'est prononcée en faveur de l'extension de la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) à tous les garçons entre 11 et 14 ans. Elle appelle « à une vaccination universelle des collégiens des deux sexes » pour « éliminer le cancer du col utérin, et éviter les cancers de l’amygdale, de la langue et de l’anus ».

Elle emboîte ainsi le pas à l'Académie nationale de pharmacie qui, en février, recommandait « la vaccination contre les infections à papillomavirus humains de tous les adolescents, quel que soit leur sexe, avant le début de leur vie sexuelle ». L'Académie de médecine avait par ailleurs déjà fait part de sa position en cosignant avec plusieurs organisations médicales un communiqué appelé l'« Appel des 50 » pour un dépistage et une vaccination universelle contre le HPV.

Une réflexion en cours

Actuellement, le vaccin est recommandé chez les filles de 11 à 14 ans et en rattrapage jusqu'à 19 ans révolus, mais aussi chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH) jusqu'à 26 ans et chez les personnes immunodéprimées. En juin 2018, la Commission technique des vaccinations (CTV) rattachée à la Haute Autorité de santé (HAS) annonçait réfléchir à l'ouverture de la vaccination à tous les garçons. Depuis, aucune annonce n'a été faite.

Selon le dernier rapport du Centre fédéral d'expertise des soins de santé de Belgique (KCE), l'extension de la vaccination aux garçons présente un rapport coût-efficacité favorable, rapporte l'Académie de médecine. Elle invite la France à effectuer le même calcul.

Elle souhaite aussi la mise en place d'une campagne d'information en milieu scolaire sur les infections HPV, pour que les collégiens deviennent « acteurs » de leur vaccination.

Le HPV est responsable de la quasi-totalité des cancers du col de l'utérus ; plus de 1 000 femmes en meurent tous les ans en France. Il peut également être responsable des cancers oropharyngés et du cancer du canal anal, cancers dont l'incidence est en augmentation depuis plusieurs dernières années.


Source : lequotidiendumedecin.fr