Madame la ministre et chère consœur, l'enfer est pavé de bonnes intentions et je ne doute pas que les vôtres le soient. Comme beaucoup de mes confrères, en cinquante ans d'exercice, je n'ai jamais refusé mes soins à ceux qui n'avaient pas de moyens. Je n'ai attendu pour le faire ni la CMU, ni l'AME. J'ai simplement respecté le serment d'Hippocrate prêté lors de ma soutenance de thèse.
Je n'ai pas envie d'entrer dans les complications chronophages qu'entraînera à n'en pas douter la mise en place du tiers payant généralisé cher à MST qui vous a précédée. J'aime mon travail et j'ai passé l'âge légal de la retraite. Probablement devrais-je cesser de rendre les services de ma compétence à ceux qui en ont besoin, si vous vous obstinez à construire une de ces usines à gaz auxquelles nous ont habitués les instances administratives.
J'ai peine à vous dire tout cela car je ne doute pas que vos intentions soient bonnes, mais réfléchissez avant de mettre en œuvre des mesures que refusent dans leur grande majorité les acteurs de la santé que nous sommes. J'imagine que vous n'aurez pas de temps pour lire ce que je vous écris. Dommage.
Vous souhaitez vous aussi commenter l'actualité de votre profession dans le « Quotidien du Médecin » ? Adressez vos contributions à jean.paillard@lequotidiendumedecin.fr .
Maladie de Crohn : découverte d’un virome sanguin spécifique
Troubles psychiatriques : des recoupements génétiques entre des maladies très différentes
En Europe, un tiers des décès liés à des blessures est causé par l’alcool
L’Institut du cerveau découvre des marqueurs neurophysiologiques du « blanc mental »