Tarifs des dentistes : la Sécu lâche du lest sur le plafonnement des prothèses

Publié le 10/04/2018
- Mis à jour le 15/07/2019
dentiste

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Crédit photo : PHANIE

Moins de prix plafonnés pour les prothèses et une révision annuelle des tarifs encadrés : l'Assurance-maladie a fait des concessions aux dentistes afin de signer une nouvelle convention qui préserve une offre sans reste à charge pour près de la moitié des actes.

Deux journées de négociations, en fin de semaine dernière, ont rapproché la Sécu d'un accord avec deux des trois syndicats de dentistes. « On a les grandes lignes de ce qui pourrait être le texte de la prochaine convention », a assuré à l'AFP Catherine Mojaïsky, présidente de la CNSD, ajoutant toutefois qu'il « manque encore certains points ». « Ça avance plutôt pas trop mal », confirme son homologue de l'Union dentaire, Philippe Denoyelle, selon qui « au moins 80 % des cabinets vont y trouver leur compte ».

La CNAM a revu à la baisse sa proposition de plafonnement des tarifs des prothèses : le manque à gagner pour les dentistes serait de 448 millions d'euros – contre 562 millions dans la première mouture dévoilée en février. Dans cette nouvelle version, près de la moitié (46 %) des prothèses resteraient intégralement remboursées, dans le cadre de la réforme du reste à charge zéro promis par Emmanuel Macron. Le changement concerne les actes bénéficiant d'un « reste à charge modéré », dont la proportion est réduite (de 41 % à 25 %) au profit de ceux à tarifs libres (de 13 % à 29 %).

En contrepartie de ces nouveaux plafonds tarifaires, la Sécu promet des revalorisations pour les soins conservateurs et la création de nouveaux actes, à hauteur de 652 millions d'euros. Le gain final net pour les dentistes serait donc de 204 millions sur la période 2019/2023.

Clause de revoyure

Mais les tarifs plafonnés pourront évoluer chaque année en fonction « des charges les plus liées à l'activité dentaire ». Une clause de revoyure est aussi prévue si la part des actes à reste à charge zéro s'éloigne trop de l’objectif fixé.

« Il va y avoir un effet d'aubaine », met en garde Patrick Solera, président du syndicat FSDL, qui considère que le projet de convention va provoquer « une descente aux enfers vers la dentisterie low-cost ».

(Avec AFP)