Premiers résultats positifs d'un essai de dépistage à domicile des infections sexuellement transmissibles

Par
Charlène Catalifaud -
Publié le 07/03/2019
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Crédit photo : S. Toubon

Malgré la diversité des offres, le recours au dépistage des infections sexuellement transmissibles (IST) reste encore insuffisant, en particulier chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). L'étude MémoDépistages, menée par Santé publique France et soutenue par l'ANRS, évalue actuellement l'intérêt d'un dépistage par autoprélèvement à domicile. Le but : déterminer si cette nouvelle offre permet d'augmenter le taux de dépistage. L'étude a été présentée lors de la Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI) qui se déroule du 4 au 7 mars à Seattle.

60 % ont réalisé les prélèvements

Le dispositif est testé dans quatre régions : Île-de-France, Auvergne-Rhônes-Alpes, Provence-Alpes-Côte d'Azur et Occitanie est. Près de 7 200 HSH ayant plus de 18 ans et ayant eu au moins deux partenaires au cours de l'année écoulée ont été recrutés via les réseaux sociaux et les applications de rencontres, par le biais de bannières leur proposant de recevoir gratuitement un kit de prélèveement. « Les hommes intéressés ont été amenés à répondre à un questionnaire. S'ils répondaient aux critères d'éligibilité, l'envoi d'un kit leur était proposé », explique au « Quotidien » Nathalie Lydié, coordinatrice de l'étude (Santé publique France).

Quelle que soit la région, la moitié des hommes ayant entrepris cette démarche ont accepté de recevoir le kit à l'issue du questionnaire. Envoyé par courrier, ce kit contient des tests pour le VIH, la syphilis, les hépatites B et C et les infections à chlamydia et gonocoque.

Ils sont 60 % à avoir réalisé les prélèvements (sanguin, urinaire, oral et anal) et à les avoir envoyés au laboratoire.

En Île-de-France, région pour laquelle les premiers résultats ont été dévoilés, 1 188 hommes ont envoyé leurs prélèvements. Au total, 0,7 % d'entre eux (7 participants) se sont révélés positifs pour le VIH, et 19 % ont eu un diagnostic d'infection à chlamydia ou gonocoque. « La majorité des participants ont envoyé des prélèvements complets, ce qui témoigne de la faisabilité du dispositif », souligne Nathalie Lydié.

Dispositif d'accompagnement sur le long terme

Les participants ont pu choisir par quel moyen ils souhaitaient être informés des résultats. « 54 % des hommes ont choisi d'être informés par téléphone en cas de résultat positif », indique Nathalie Lydié. Un accompagnement adapté leur a été proposé ensuite.

« L'objectif de l'étude n'est pas seulement d'évaluer l'intérêt du kit de prélèvements, mais aussi d'évaluer un dispositif d'accompagnement qui permette de favoriser le recours au dépistage chez les HSH sur le long terme », précise Nathalie Lydié. La Haute Autorité de santé (HAS) recommande en effet un dépistage tous les 3 mois pour cette population. « En pratique, les HSH n'en font pourtant qu'un par an en moyenne », déplore Nathalie Lydié.

Les premiers résultats sont encourageants : 69 % des participants franciliens ont déjà planifié leur prochain dépistage 3 mois après le premier. « Pour ce prochain dépistage, les hommes peuvent choisir entre les différentes modalités disponibles, y compris l'envoi par courrier d'un nouveau kit d'autoprélèvement ou d'un autotest VIH », note Nathalie Lydié. L'étude prévoit un suivi de 18 mois.

« Ces premiers résultats sont positifs. L'adhésion des participants au dispositif témoigne d'une réelle attente et montre que les alternatives mises en œuvre pour le rendu des résultats sont plébiscitées », s'enthousiasme Nathalie Lydié.

Les résultats définitifs sont attendus pour la fin du premier trimestre 2020. Si le dépistage à l'aide des kits de prélèvement fait ses preuves, restera la question de son financement.


Source : lequotidiendumedecin.fr