Non, la France n’a plus le meilleur système de santé au monde, montre l’OCDE

Par Coline Garré
- Publié le 04/11/2015
- Mis à jour le 04/11/2015

Crédit photo : Phanie

En 2000, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) clamait que la France « offrait les meilleurs soins de santé généraux », l’auréolant ainsi du titre de meilleur système de santé au monde.

Quinze ans après, l’organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) écorne la légende dans son « panorama de la santé 2015 » en alertant sur la prévention et la qualité des soins.

Bons points pour le reste à charge

La France tient encore la dragée haute pour l’espérance de vie à la naissance (82,3 ans pour les femmes, contre 80,5 ans en moyenne). Les dépenses de santé directement à la charge des patients sont parmi les plus faibles de l’OCDE. « Il y a eu des efforts indéniables pour améliorer l’accès aux soins et augmenter le taux de pénétration de la couverture complémentaire », qui atteint 95 % en France, salue Francesca Colombo, chef de la division santé de l’OCDE.
 

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Faible investissement dans la prévention

Ces bons indicateurs sont menacés par des trous noirs en santé publique « qui ont pour conséquence le développement de maladies chroniques », prévient Francesca Colombo.

La France est toujours mauvaise élève pour ce qui est de la prévalence du tabagisme (24 % chez les plus de 15 ans, vs 20 % en moyenne) et de la consommation d’alcool (près de 12 litres par an et par habitant vs 9 en moyenne), notamment chez les jeunes et les plus défavorisés. Elle ne parvient pas non plus à endiguer l’épidémie d’obésité. Au total, la France consacre seulement 2 % de ses dépenses en santé à la prévention, contre près de 3 % en moyenne. « Ce n’est pas suffisant. La prévention doit être au centre », insiste la responsable.
 

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Qualité des soins perfectible

Le trop fort recours à l’hôpital dans les maladies chroniques (la France est 21e sur 31 pour les hospitalisations évitables liées au diabète) ou encore les taux de mortalité après AVC, crise cardiaque ou cancer dénotent une qualité des soins perfectible.
 

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Dans un contexte économique contraint, l’OCDE appelle à revoir la pertinence des actes (diagnostiques et chirurgicaux). L’OCDE cite le nombre d’examens d’IRM et de CT scanners en France qui est « parmi les plus élevés ». C’est surtout la durée moyenne de séjour hospitalier en soins curatifs qui pourrait être réduite, suggère l’OCDE.
 

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Le développement de la chirurgie ambulatoire reste inégal : si la France a rattrapé son retard pour la cataracte, elle est dans la queue du peloton pour l’ablation des amygdales.

Enfin, la consommation d’antibiotiques reste très élevée dans l’Hexagone (troisième pays en volume total des antibiotioques prescrits en 2013). A l’inverse, la part des génériques reste faible par rapport à la plupart des pays de l’OCDE.
 

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