Nicolas Revel (CNAM) : « Une dynamique réelle dans les territoires  »

Par
Marie Foult -
Publié le 04/07/2019
revel

revel
Crédit photo : S. Toubon

Invité des Contrepoints de la santé à Paris, le directeur général de l'Assurance-maladie, Nicolas Revel, est revenu sur l'actualité conventionnelle et sur son mandat à la CNAM.

Aux manettes de l'Assurance-maladie depuis novembre 2014, Nicolas Revel a confirmé que son mandat arrivait à échéance en novembre 2019 mais s'est bien gardé de donner des détails sur la suite... « Ma responsabilité à la tête de l'Assurance-maladie me passionne », a-t-il botté en touche.

Revenant quelques années en arrière, il a convenu que le contexte politique avait été « particulier » avec la loi de santé de Marisol Touraine et le tiers payant généralisé qui « enflammait le paysage » chez les médecins. « Il y avait à ce moment-là une rupture. Mais en même temps, les syndicats de médecins libéraux ont toujours gardé un fort attachement au cadre conventionnel négocié... Pour la nouvelle convention, je ne suis donc pas arrivé en ramenant au bercail des professionnels qui s'en étaient éloignésC'est vrai qu'il y a eu un cycle de négociations important car toutes les conventions arrivaient à échéance. Cela a été long, parfois compliqué, mais je considère la négociation comme une entente, une vision partagée. Je pense que la confiance est établie. »

Dynamique

Le DG est revenu sur les derniers textes signés, l'accord conventionnel interprofessionnel (ACI) sur les CPTS et l'avenant sur les assistants médicaux, réfutant leur côté trop administratif ou complexe. Au contraire, à l'écouter, ces accords permettront de répondre à la demande fondamentale de la population de trouver un médecin traitant exprimée lors du Grand Débat national, estime-t-il.

« Les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), nous avons voulu les construire ensemble, avec les professionnels de santé. Elles seront pilotées par les agences régionales de santé (ARS) et la CNAM, mais elles vont partir du terrain, des accords de la ville. Je vois d'ailleurs une dynamique réelle dans les territoires, et je suis frappé de voir qu'il y a beaucoup de projets qui se montent », assure Nicolas Revel.

Grâce aux assistants, moins de charge mentale ?

Quant aux futurs assistants médicaux, bien loin d'incarner un modèle « productiviste », ils permettront de réduire la « charge mentale » des médecins libéraux. « Nous avons récemment été en Vendée avec la ministre de la Santé, et les médecins qui ont expérimenté le dispositif de l'assistant nous ont expliqué comment leurs conditions d'exercice ont été transformées », assure l'ancien secrétaire général adjoint de l'Élysée.

Toutes ces réformes produiront leurs effets... dans cinq ans, évalue Nicolas Revel. « Un système de santé se réforme sur une dizaine d'années, et je pense que nous sommes déjà au milieu du processus. » 


Source : lequotidiendumedecin.fr