MG France veut élargir la possibilité de recrutement d'un assistant par un seul médecin

Par Marie Foult
Publié le 26/06/2019
- Mis à jour le 23/07/2019
mg france

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Crédit photo : S. Toubon

Balayant l'actualité conventionnelle et politique (et même météorologique !), MG France est revenu ce mercredi sur sa double signature de l'avenant sur les assistants médicaux d'une part et de l'accord conventionnel interprofessionnel (ACI) sur les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) d'autre part. 

« Cette signature n'a pas été facile, assure le Dr Jacques Battistoni, président du syndicat de généralistes. Nous avons beaucoup discuté et débattu, il y avait pas mal de réticences et nous sommes finalement arrivés à ce choix, raisonné. » Objectif pour le chef de file des généralistes : « évaluer » rapidement la mise en place des deux textes et surtout tenter de les améliorer.

« Sur les assistants médicaux, nous voudrions élargir la possibilité de recrutement d'un assistant pour un seul médecin à des zones plus larges que les zones reconnues officiellement comme sous-denses », explique le leader syndical. En clair, augmenter le gain de temps médical pour des généralistes dans des zones « de tension particulière ». « Un assistant partagé sera présent entre 12 et 18 heures sur les 40 heures minimum de consultations que fait un généraliste », rappelle le leader syndical. Quant aux CPTS, il faudra voir si les financements peuvent être revalorisés « au bout de deux ans », explique le Dr Battistoni. 

Crise des urgences : CPTS et 116-117 en renfort 

S'exprimant aussi sur la crise des urgences, crise « de l'accès aux soins » à ses yeux, la solution est notamment dans l'organisation accrue des soins ambulatoires, estime le leader syndical. Pas question de rétablir une obligation des gardes libérales, comme l'a récemment suggéré le Dr Patrick Pelloux, mais plutôt de miser sur les futures CPTS, dont l'une des missions socles (obligatoires) est précisément la prise en charge des soins non-programmés. « Au sein de ces communautés, il faudra organiser le parcours de soins avec les cabinets de radiologues, les laboratoires de biologie, pour que le patient ait un accès rapide aux examens. On voit bien combien le pays souffre de ne pas avoir organisé plus tôt les soins de ville », regrette le Dr Jacques Battistoni.

La solution passe aussi par le déploiement du 116-117, numéro d'appel national de la permanence des soins ambulatoires (PDS-A) pour le moment « peu connu ». « Nous avons besoin d'un déploiement plus rapide, nous allons aller frapper à la porte de Matignon », annonce MG France. Le syndicat a regretté au passage la position « délétère » de la Fédération hospitalière de France (FHF) qui pointe volontiers du doigt la médecine libérale sur la permanence des soins et « mélange urgences et soins non-programmés ».

Extension de la visite longue

MG France s'est exprimé sur la vague de forte chaleur qui touche le pays. « Il faut avertir les personnes âgées des risques liées à cette canicule, notamment la déshydratation. En revanche, je n'accepterais pas qu'on mette en cause les médecins généralistes qui sont sur le pont tous les jours pour faire le boulot, que ce soit la canicule ou non », alerte le Dr Battistoni.

A ses yeux, l'enjeu est le maintien à domicile de ces personnes âgées, enjeu reconnu par le Premier ministre lors de son discours de politique générale le 12 juin. Le syndicat réclame depuis 2016 que la visite longue (cotée VL, 60 euros et 10 euros de majoration de déplacement, pour les personnes atteintes de maladies neurodégénératives, aux nouveaux patients en ALD ou de plus de 80 ans) soit étendue à tous les patients en incapacité de se déplacer. « Nous souhaitons que cette mesure soit inscrite dans le prochain projet de loi de financement de la Sécurité sociale », plaide MG France.

Loi de santé, moindre mal

MG France a salué enfin l'accord politique trouvé entre le Sénat et l'Assemblée nationale concernant le texte de la loi de santé, et surtout la modification de la mesure qui imposait aux internes de médecine générale de passer leur dernière année d'internat en autonomie complète dans une zone sous-dense (ce stage en ambulatoire a été réduit à six mois, sous le régime de l'autonomie supervisée). « Nous partageons les préoccupations des internes. Ce n'est pas aux jeunes en formation de porter la responsabilité des déserts médicaux », juge le Dr Battistoni. Il se positionne en faveur d'une quatrième année de formation pour le DES de médecine générale, « à condition que cela ne soit pas une année bouche-trou une fois de plus ».


Source : lequotidiendumedecin.fr