Grippe : il n'est pas trop tard pour vacciner

Par Anne-Gaëlle Moulun
Publié le 05/02/2019
- Mis à jour le 15/07/2019

Christiane garde des enfants à domicile. Face à la recrudescence des cas de grippe à l’école, « je suis allée chez mon médecin traitant pour lui demander de me vacciner, raconte-t-elle. Il m’a répondu : non, c’est trop tard ». L’épidémie étant bien entamée, est-il encore utile de vacciner vos patients ? « Oui ! répond catégoriquement le Pr Robert Cohen, pédiatre infectiologue à l’hôpital intercommunal de Créteil.

« Nous ne sommes pas arrivés à la moitié de l'épidémie »

Pour les personnes à risque, lorsqu’on dispose encore du vaccin, il ne faut pas hésiter à vacciner, il est encore temps. En effet, le seuil épidémique a été atteint, mais pas le pic épidémique, qui correspond au maximum de l’épidémie. Nous ne sommes donc pas encore arrivés à la moitié de l’épidémie », explique-t-il. Dans son dernier bulletin épidémiologique grippe hebdomadaire, Santé publique France note une « nette augmentation de l’activité grippale » en France et souligne que « toutes les régions métropolitaines sont en épidémie, exceptée la Normandie ».

Les personnes à risque pour lesquelles la Haute Autorité de santé recommande la vaccination sont les personnes âgées de plus de 65 ans, les malades chroniques ou souffrant d’obésité sévère, les femmes enceintes et l'entourage des nourrissons de moins de 6 mois à risque de grippe grave. À noter que plus de 90 % des décès liés à la grippe surviennent chez des personnes de 65 ans et plus. Lors de la saison grippale 2017-2018, la grippe a causé 13 000 décès. Malgré ces chiffres élevés, seulement la moitié des personnes à risque et 25 % des professionnels de santé sont vaccinés, selon le ministère de la Santé. Il ne faut pas oublier que la vaccination de chacun permet de protéger les personnes à risque qui ne se seraient pas fait vacciner.

10 jours obtenir la protection

Il est donc essentiel d’améliorer la couverture vaccinale. Mais il ne faut cependant pas trop tarder à vacciner, car « il faut compter une semaine à 10 jours pour que le système immunitaire réagisse au vaccin et que le patient soit protégé contre la grippe saisonnière », rappelle le professeur. Et il ne faut pas oublier que le vaccin ne fait pas tout, puisque son efficacité est variable selon les années et selon les souches qu’il contient en fonction des souches circulantes.

Actuellement, il y a une circulation très majoritaire des virus de type A, comme le précise Santé publique France. « Ce sont surtout les virus H3N2 et H1N1 qui circulent, souligne le Pr Cohen. Nous n’avons pas encore constaté d’épidémie de grippe B. L’an dernier, le vaccin fonctionnait bien pour H1N1 mais moins bien pour H3N2. Pour cette année, nous n’avons pas encore de données d’efficacité sur le vaccin. »

Santé publique France note une « légère progression de la couverture vaccinale des personnes à risque dans toutes les régions en métropole en comparaison avec l’an dernier ». « Les gens se sont mieux fait vacciner cette année et il est parfois difficile de trouver des vaccins, ils sont en rupture de stock dans de nombreuses pharmacies », pointe le Pr Cohen.

Anne-Gaëlle Moulun

Source : lequotidiendumedecin.fr