Générations Futures dénonce l’exposition des salariés viticoles aux pesticides

Publié le 19/02/2013
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Crédit photo : AFP

« L’exposition des travailleurs agricoles à des pesticides dangereux est très importante », souligne l’association Générations Futures, experte sur la thématique santé-environnement, qui rend aujourd’hui les résultats d’une enquête d’exposition aux pesticides chez les salariés viticoles et les riverains vivant au cœur des vignes du Bordelais. Cette enquête, fondée sur l’analyse des cheveux de 25 personnes (15 salariés viticoles du Médoc, 5 riverains des vignes et 5 témoins vivant loin des vignes) montre également que les pesticides « ne contaminent pas que les professionnels ». « Le simple fait de vivre à proximité des zones cultivées, moins de 250 mètres, ce qui est sans doute le lot de millions de familles françaises, augmente votre exposition », met en garde François Veillerette, le porte-parole de l’association.

Des molécules cancérigènes

À partir des mèches de cheveux obtenus, 35 molécules ont été recherchées (34 matières actives pesticides, un métabolite) dont 27 actuellement autorisées sur la vigne. Selon les analyses, on retrouve 11 fois plus de résidus de pesticides en moyenne chez les salariés viticoles que chez les non professionnels habitant loin des vignes (6,6 pesticides en moyenne contre 0,6) et 4 des 15 salariés présentent 10 pesticides différents. On observe 5 fois plus de résidus de pesticides en moyenne chez les non-professionnels de la vigne habitant près des vignes que ceux habitant loin des vignes. Plus de 45 % des molécules retrouvées sont classées cancérigènes possibles en Europe ou aux Etats-Unis et plus de 36 % sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens.

Pour des mesures fortes

Dévoilés à quelques jours de l’ouverture du Salon de l’agriculture, ces résultats, qui n’ont pas de valeur statistique significative, visent à engager les pouvoirs publics à « prendre des mesures fortes en s’attaquant à l’usage intensif des pesticides ». « La réduction de l’usage des pesticides, pourtant inscrite dans le marbre du plan Ecophyto 2018, n’est toujours pas en route en France », déplore François Veillerette qui demande également la révision de l’homologation des produits. Outre le renforcement des équipements de protection des travailleurs agricoles, l’association milite pour le respect de distances de pulvérisation minimales par rapport aux habitations et pour la mise en place d’études d’exposition. En novembre 2012, une mission sénatoriale avait estimé que les dangers et les risques sanitaires des pesticides demeuraient sous-évalués et mal pris en compte.

STÉPHANIE HASENDAHL

Source : lequotidiendumedecin.fr