Covid-19 : les recos de prise en charge pour les médecins de ville publiées par la DGS

Par
Dr Irène Drogou -
Publié le 16/03/2020

Crédit photo : AFP

Suite à l'annonce du passage en phase épidémique du Covid-19, la Direction générale de la santé (DGS) a publié les lignes directrices pour la prise en charge en ville des patients symptomatiques (document à télécharger ci-dessous): ceux présentant une forme simple ou modérée sont « invités à contacter leur médecin traitant, sauf en cas de signe de gravité où la recommandation restera d'appeler le SAMU-centre 15 ».

Concernant le test biologique (RT-PCR SARS-CoV-2), il est réservé de façon systématique : - patients hospitalisés pour un tableau clinique évocateur de Covid-19 ; - les trois premiers patients résidant en EHPAD et en structures collectives hébergeant des personnes vulnérables ; - tous les professionnels de santé dès l'apparition de symptômes évocateurs ; - les personnes à risque de formes graves et présentant des symptômes évocateurs ; - les femmes enceintes symptomatiques quel que soit le terme de la grossesse ; - les donneurs d'organes, tissus ou cellules souches hématopoïétiques.

En ville, l'examen clinique est majeur et a pour but de vérifier l'absence de signes d'infection respiratoire basse (suivi plus rapproché) et de signes de gravité, en particulier la polypnée (fréquence respiratoire >22/min), oxymétrie de pouls <90% en air ambiant, pression artérielle systolique <90 mmHg.

Une adaptation de l'organisation des cabinets est à mettre en place, afin de permettre de réduire les consultations pour des prises en charge non urgentes et de structurer la prise en charge des malades du Covid-19.

« Le déploiement de l'usage de la télémédecine devra être accompagné ». À ce sujet, en téléconsultation, il est précisé de demander à voir le patient torse nu et regarder la manière de respirer, de rechercher des signes de cyanose des extrémités (mains), rechercher des signes de polypnée (essoufflement, difficulté à finir les phrases sans pause).

Les signes de gravité suivants sont des indications d'hospitalisation :

- polypnée (fréquence respiratoire >22/min) ;

- oxymétrie de pouls (SpO2)<90% en air ambiant ;

- pression artérielle systolique <90 mmHg ;

- altération de la conscience, confusion, somnolence ;

- déshydratation ;

- altération de l'état général brutale chez le sujet âgé.

Les co-morbidités favorisant l'évolution péjorative de l'infection sont à rechercher : personnes âgées de plus de 70 ans ; insuffisance respiratoire chronique ou asthme ou mucoviscidose ; insuffisance rénale chronique dialysée ; insuffisance cardiaque stade NYHA III ou IV ; cirrhose ; antécédents cardiovasculaires (HTA, AVC, coronaropathie, chirurgie cardiaque) ; diabète insulinodépendant ou présentant des complications secondaires ; immunodépression (médicamenteuse, infection VIH non contrôlée, greffe d'organe, cancer métastasé) ; obésité morbide ; grossesse (précaution). 

Pour le suivi des patients en ville atteints, quatre modalités de surveillance à domicile sont possibles :

- auto-surveillance (patient ou entourage) ;

- suivi médical (déterminé par le médecin, systématique à J6-J8) ;

- suivi renforcé à domicile par des infirmiers, en complément du suivi médical ;

- hospitalisation à domicile (HAD) : formalisée par une prescription médicale, accès privilégié aux établissements en cas d'aggravation, surveillance biquotidienne par l'IDE, vigilance accrue en début de 2e semaine (risque d'aggravation).

La surveillance à domicile par le patient ou l'entourage repose sur :

- le confinement à domicile ;

- la surveillance de la température 2 fois par jour ;

- la consigne, en cas d'aggravation de l'état général, d'un appel au médecin traitant ou en cas de signes de gravité, d'appeler le SAMU-Centre 15 ;

- le port d'un masque chirurgical lors d'une intervention d'un professionnel de santé ou d'une consultation médicale.

En cas de suspicion forte de Covid-19 (infection respiratoire basse chez un patient ayant pu être en contact avec un cas confirmé), la durée de l'arrêt de travail préconisée est de 14 jours.

Un patient peut être considéré comme guéri 48 heures après la disparition des symptômes. Si le patient a bénéficié d'une PCR en raison de son éligibilité à ce diagnostic biologique, une PCR peut être réalisée 48 heures après la disparition des symptômes. 

Document à jour à la date du 16 mars 2020 (disponible également sur le site de la DGS):


Source : lequotidiendumedecin.fr