Covid-19 : deux types de tests sérologiques et des indications encore à préciser, estime l'Académie de médecine

Par
Charlène Catalifaud -
Publié le 14/04/2020

Crédit photo : Phanie

Face à l'engouement que suscitent les tests sérologiques, l'Académie nationale de médecine rappelle la valeur informationnelle de ces tests et évoque leur place dans le cadre de la stratégie de sortie de confinement.

Deux types de tests sérologiques existent : le test ELISA qui permet de détecter la présence des anticorps anti-SARS-CoV-2 dans le sérum, réalisable dans la plupart des laboratoires d'analyse médicale, et les tests rapides d'orientation diagnostiques (TROD), capables de détecter les anticorps à partir d'une goutte de sang en quelques minutes.

Tests en cours d'évaluation

« Toutefois, ces différents tests sont toujours en phase d’évaluation par le Centre national de référence des virus des infections respiratoires et leurs performances analytiques (sensibilité et spécificité) ne sont pas encore connues », précise l'Académie en date du 10 avril.

Avant d'envisager un dépistage à grande échelle, des questions doivent encore trouver réponses, notamment concernant la durée de l'immunité et le degré de protection en fonction du taux d'anticorps. Il est néanmoins admis que la présence des anticorps IgM et/ou IgG dirigés contre le SARS-CoV-2 dans le sérum est le reflet d'une infection récente et confère a priori une protection contre une nouvelle infection.

« Lorsque ces tests sérologiques seront autorisés et disponibles en France, leurs modalités d’emploi devront être guidées par une réflexion stratégique », estime l'Académie.

Les TROD réservés aux personnes à risque et exposées

Si tous les Français ne pourront être testés, l'Académie recommande la mise en œuvre d'enquêtes séro-épidémiologiques représentatives de la population et supervisées par Santé publique France, afin de suivre l’évolution de la séroprévalence dans les différentes régions tout au long de la phase de déconfinement et pendant la phase post-épidémique. Toutefois, souligne l'Académie, « les résultats de ces enquêtes ne constitueront pas une base décisionnelle majeure pour le processus de sortie du confinement ».

Concernant les tests rapides individuels, l'Académie considère qu'ils doivent être réservés en priorité aux personnes à risque élevé de forme grave et aux professionnels exposés, et ce afin d'adapter les mesures.


Source : lequotidiendumedecin.fr