Assistants médicaux, CPTS : au congrès de MG France, Agnès Buzyn appelle les médecins généralistes à s’engager

Par
Loan Tranthimy -
Publié le 31/05/2019
Buzyn

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Crédit photo : L. T.

C’est sous le soleil de La Grande-Motte que les 400 médecins généralistes adhérents au syndicat MG France, réunis pour leur huitième congrès, ont accueilli la ministre de la Santé. L’ambiance était bon enfant et l’accueil réservé à Agnès Buzyn chaleureux. Pour la locataire de Ségur, ce congrès qui se tient tous les trois ans a une valeur de test.

MG France doit en effet réunir ses troupes ce dimanche 2 juin pour décider s’il signe ou non l'avenant 7 de la convention médicale sur les assistants médicaux et l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) sur les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS). Ces deux textes fixent les conditions de recrutement des assistants médicaux et de déploiement des CPTS ainsi que leur financement pérenne.

Lors de son discours, le Dr Jacques Battistoni, président de MG France, a reconnu que « l’exercice coordonné est l’avenir » des médecins généralistes. La signature de l’accord sur les CPTS serait « une première étape d’observation, même si les sommes mises sur la table ne sont pas négligeables », admet-il pour enclencher le processus. « Mais une CPTS mature réclamera plus de moyens pour remplir les missions, qu’il s’agisse de la prise en charge des soins non programmés ou encore de l’accès au médecin traitant », insiste-t-il.

Quant à l’avenant 7, le médecin généraliste normand estime que « ce dispositif n’est pas encore assez accessible à ceux qui veulent optimiser la qualité du suivi du parcours des patients. Il devra s’adapter avec de la souplesse aux attentes des médecins ». 

Pression amicale

Face à ces déclarations peu enthousiastes, Agnès Buzyn est monté au créneau pour une petite pression amicale. « Les assistants médicaux ont été portés par le syndicat. Et on ne peut pas dire a posteriori que cela n’est pas une avancée notable pour redonner du temps médical », a-t-elle indiqué lors d’une conférence de presse. Quant à la CPTS, elle a tenu à rassurer les médecins. « L’idée n’est pas de faire une usine à gaz. Nous allons être en accompagnement des médecins », promet-elle. Et d'ajouter : « La décision que vous prendrez est d'une grande importance. Je peux entendre des hésitations mais cet accord doit déclencher une dynamique et pourra évoluer. »

Pas de quoi convaincre les médecins adhérents. Le Dr Laure Lefebvre, généraliste à Louviers (Eure), se dit même un peu déçue : « On nous demande de faire de la coordination mais il n’y a pas d’annonces concrètes sur les moyens », commente-elle. Même son de cloche du Dr Christine Lemaire-Lesoin, généraliste à Saint-Baldoph (Savoie).  « Il y a une volonté affichée et de la confiance pour les démarches du terrain. Mais les injonctions restent contradictoires. Face à une démographie médicale déclinante, on nous demande de faire des actes et en parallèle on nous demande de nous investir dans les CPTS alors que c’est très chronophage. Comment concilier les deux ? »


Source : lequotidiendumedecin.fr